C’est le résultat des études réalisées par l’Observatoire national sur les changements climatiques, présenté au ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable, Hele Pierre, lors de sa visite de travail à l’Onacc, le 13 janvier 2021.

Afin de toucher du doigt les réalités quotidiennes et les conditions de travail des responsables de l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc), le ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable, Hele Pierre, accompagné pour la circonstance de son ministre délégué, Dr Nana Aboubakar Djolloh, et de son Secrétaire général, a effectué une visite de travail le 13 janvier 2021, dans les locaux de cet établissement public administratif à caractère scientifique et technique, créée par le Président de la République, par décret N°2009/410 du 10 décembre 2009.

Après une haie d’honneur, constituée par le personnel et les responsables de cette institution hautement stratégique pour le Cameroun, suivie de la remise des bouquets de fleurs aux deux membres du gouvernement hôtes, le top management de l’Onacc, composé du Président du conseil d’administration, Enow Peter Ayuk, du Directeur général, le Pr Amougou Joseph Armathé, et du directeur général adjoint, Forghab Patrick Mbomba, a conduit la délégation ministérielle vers les bureaux et ateliers, où se déroulent au quotidien les travaux scientifiques et techniques de veille, de suivi et d’évaluation des impacts socioéconomiques et environnementaux des changements climatiques, afin de proposer des mesures de prévention, d’atténuation et/ou d’adaptation aux effets néfastes et aux risques liés à ces changements. L’objectif final étant de lutter efficacement contre la désertification.

Réalisations de l’Onacc

A cet effet, depuis 2017, 68 bulletins d’informations et d’alertes décadaires (tous les 10 jours), ont été produits jusqu’ici, sur la situation des paramètres climatiques dans les 5 zones agro-écologiques du pays, avec les impacts et risques potentiels sur les écosystèmes au Cameroun. Notamment sur les profils climatiques de températures, de pluviométrie, d’évapotranspiration et de disponibilité de la ressource en eau, dans 8 des 10 régions du pays que sont, l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua, l’Est, le Centre, le Sud, l’Ouest, et le Sud-Ouest. En outre, 13 bulletins trimestriels de prévisions saisonnières, les bilans climatiques annuels de 2019, les inventaires des émissions de gaz à effet de serre pour les secteurs pétroliers et des déchets, sont régulièrement disponibles à l’ONACC, une structure dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière, placée sous la tutelle technique du ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable. Tandis que la tutelle financière est assurée par le ministère des Finances.

Au regard de l’importance et de la sensibilité des résultats produits par cet Observatoire pour le Cameroun, aussi bien sur le plan socio-économique, qu’environnemental, la visite du ministre Hele Pierre à Yaoundé Bastos, contribuera certainement à booster d’avantage le moral de l’équipe dirigeante, qui nourrit l’espoir de voir s’améliorer dans un proche avenir, les capacités d’intervention du gouvernement, en terme de matériels technologiques, de moyens financiers, de ressources humaines et de conditions de travail, pour des résultats de plus en plus satisfaisants.

                                                                         Samuel Bondjock

–Reactions–

Hele Pierre, ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable

« Le Cameroun doit réduire plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre d’ici 2035 »

Je suis très heureux de constater que, l’engagement du Chef de l’Etat, pris en 2008 à l’Assemblée générale des Nations-Unies, est aujourd’hui une réalité concrète, à travers la mise en place de cet Observatoire national sur les changements climatiques. Nous sommes venus toucher du doigt le travail qui est fait dans ce centre stratégique de veille et d’alerte. Malgré les modestes moyens disponibles, cet observatoire abat un travail remarquable, au regard des rapports et des bulletins d’informations qui sont produits assez régulièrement. Nous savons également que le Cameroun a pris l’engagement lors de la Cop 21 à Paris, de réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre. Il fallait donc un instrument important comme l’Onacc, pour nous aider dans ce sens. Car les documents produits par l’Onacc nous permettent de savoir ce qui est réellement fait dans notre pays. Selon nos prévisions, d’ici 2035, il est envisagé une réduction de 32% de gaz à effet de serre. Or lorsque nous prenons la tête de référence en 2010, la quantité de gaz à effet de serre au Cameroun était de 39 millions de tonnes équivalent en C02. Et si rien n’est fait, d’ici 2035, nous atteindrons les 104 millions de tonnes. Pourtant nos engagements nous permettent de ramener ces 104 millions de tonnes à 70 millions de tonnes équivalent en C02. Soit un effort de plus de 30 millions de tonnes à éviter d’ici 2035. C’est le rôle de l’Onacc de veiller au respect de ces engagements du Cameroun. Jusqu’ici, nous sommes vraiment satisfaits du travail abattu par l’Observatoire et nous félicitons les responsables, qui ne ménagent aucun moyen pour produire des résultats. Nous sommes également conscients que les moyens supplémentaires doivent être alloués par l’Etat à cette mission stratégique, technologique et scientifique.

Amougou Joseph Armathé, Directeur Général de l’Onacc

« Seulement sur la filière maïs, à cause des changements climatiques, nous sommes à 6 milliards de pertes annuelles enregistrées. »

Je puis vous dire que ce jour est un grand jour pour l’observatoire sur les changements climatiques. Car nous avons l’honneur de recevoir notre tutelle technique, en la personne de monsieur le ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable, Hele Pierre, qui vient d’apprécier de visu le travail que nous abattons au quotidien, parfois dans des conditions de travail assez modestes. C’est avec un grand honneur que nous recevons ces félicitations du gouvernement de la République. A travers cette visite de travail de notre hiérarchie, nous restons optimistes et plein de certitude que, demain, les difficultés matérielles, financières et humain que nous rencontrons ici, trouveront des solutions. Sachez qu’après une étude menée par notre observatoire, relative à l’impact des perturbations climatiques sur la production agricole, et particulièrement sur certaines spéculations, 5 au total, nous pouvons vous révéler que pour le maïs uniquement, juste parce que les pluies ont connu des perturbations, soit elles ont été insuffisantes, ou encore abondantes ici et là, nous sommes à 6 milliards de pertes annuelles. Et quand on regarde d’autres spéculations, dans quatre régions du pays, nous sommes dans une situation de perdre pratiquement 4 points de croissance. Si nous estimons à 50 milliards le point de croissance, nous sommes dans l’ordre de 200 milliards de FCFA de pertes économiques par an. Ces études doivent donc être généralisées dans l’ensemble du secteur agricole et même dans bien d’autres domaines. Aujourd’hui par exemple, le barrage de Lagdo, sur le fleuve Benoué dans le Nord du pays, n’a pas suffisamment d’eau, regardez les incidences, combien de turbines ne fonctionnent pas ? C’est combien de générateurs qu’on a déplacé de Yaoundé pour le septentrion ? C’est quelle quantité de fuel qui est consommé ? Tout ceci constitue des pertes économiques énormes. L’Onacc est donc là, pour évaluer ces coûts liés aux perturbations climatiques sur les différents secteurs de développement.

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