C’est ce qui ressort des travaux de la commémoration de la Journée mondiale des zones humides tenus dans la salle de conférences du Centre d’information et de documentation sur l’environnement (CIDE), à Yaoundé, le 9 février 2021

L’annonce a été faite par la ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded), Pierre Hele, dans son discours d’ouverture de la Journée mondiale des zones humides, dans la salle de conférences du Centre d’information et de documentation sur l’environnement (CIDE), à Yaoundé, mardi février 2021. Cérémonie à laquelle prenaient part le ministre des Forêts et de la faune, Jules Doret Ndongo, le directeur général de WWF Cameroun, le coordonnateur nationale de l’UICN, le secrétaire général et inspecteur du Minepded, le PCA, DG et DGA de l’Onacc, les conseillers techniques, inspecteurs et directeurs et assimilés.

«Lors de cette commémoration, nous allons envisager l’inscription de nouvelles zones humides comme sites Ramsar. À cet effet, je vous invite, lors de cette rencontre, à consolider les fiches d’inscription de nouvelles zones humides au Cameroun. Je ne doute pas un seul instant qu’avec la contribution des experts des zones humides, des administrations techniques, des partenaires au développement, et des acteurs de la société civile ici réunis, vous arriverez au terme de vos échanges à des résultats probants. Je vous engage à élaborer une feuille de route pour la finalisation du processus d’inscription desdites zones humides»

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Pierre Hele

Minepded

Les cinq nouvelles zones humides du Cameroun qui pourront être inscrites sur la liste Ramsar sont : du Parc National de Ma Mbed Mbed dans l’Extrême-Nord ; du bas Sanaga à l’Est ; de la plaine inondée du Nyong dans le Centre ; du lac Ossa et du bassin versant du Nkam-Wouri dans le Littoral ; et de la zone humide de Batoke-Bakinguili dans le Sud-Ouest. Ces cinq zones humides, au cas où leur inscription sera actée, viendront s’ajouter au sept autres déjà inscrites depuis l’adhésion du Cameroun à la Convention de Ramsar (une ville iranienne), le 20 juillet 2006. Ce sont : la Plaine d’inondation de Waza-Logone dans l’Extrême-Nord, inscrite en 2066 ; la partie camerounaise du lac Tchad  dans l’Extrême-Nord, inscrite en 2010 ; le lac Barombi Mbo dans le Sud-Ouest, inscrite en 2010 ; la zone humide d’Ebogo dans le Centre, inscrite en 2012 ; la partie camerounaise du fleuve Sanagha à l’Est, inscrite en 2008 ; et la partie camerounaise du fleuve Ntem dans le Sud, inscrite en 2012.

Avantages

Les zones humides présentes des avantages incommensurables pour le Cameroun. Elles remplissent les fonctions  d’approvisionnement et de production en ceci qu’elles permettent d’assurer l’alimentation en eau domestique, l’irrigation des cultures, l’abreuvement du bétail, la production d’énergie électrique et des ressources. Par ailleurs, de nombreuses espèces floristiques des zones humides sont utilisées dans la pharmacopée traditionnelle. Par la fonction de régulation, elles assurent la régulation du climat local et de la navigation, permettent de lutter contre les pollutions, d’où leur surnom des «reins de la terre», et permettent d’atténuer les effets des inondations.En ce qui concerneles fonctions de support de vie, elles servent d’habitat à plusieurs espèces de faunes et de flore. Enfin, par la fonction culturelle, les zones humides sont le siège d’événements culturels d’une grande importance sociologique chez plusieurs peuples du Cameroun (Sawa, Batanga, Béti…). Elles présentent dons un potentiel touristique énorme. 

Selon la Convention de Ramsar, on entend par zones humides, des étendues des marais, de fagnes, de tourbières ou d’eau naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris les étendues d’eau marine dont ka profondeur à marée basse n’excède pas six mètres. C’est en d’autres termes:

«une portion du territoire où l’eau est le principal facteur qui contrôle le milieu naturel, les vies animales et végétale associée. Elles apparaissent là où la nappe phréatique arrive près de la surface ou affleure, ou encore là où les eaux profondes, de 6 mètres maximum, recouvrent la terre»

, ajoute Pierre Hele.

Menaces

Au Cameroun, les zones humides  font l’objet de nombreuses atteintes et pressions telles que : la surexploitation des ressources naturelles telle que la coupe abusive des palétuviers dans les mangroves ; l’exploitation irrationnelle des ressources halieutiques ; les effets néfastes des changements climatiques, avec pour effet induit l’assèchement de certaines zones humides ; la prolifération des espèces végétales envahissantes ; l’urbanisation anarchique ; et les exploitations forestières et minières non écologiquement rationnelles. 

« Si rien n’est fait pour inverser la tendance à la dégradation des zones humides, les services écologiques essentiels tels que la fourniture d’eau, le prélèvement de la flore et de la faune aquatique à des fins alimentaire et médicinale, l’écotourisme, la production d’énergie  risquent d’être sérieusement compromis. Notre pays se doit donc d’intensifier des actions concourant à une gestion écologiquement rationnelle des zones humides »

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Pierre Hele

Minepded

Pour rappel, la Convention de Ramsar sur les zones humides a été signée le 2 février 1971 dans la ville iranienne de Ramsar. Aujourd’hui, ce sont 171 pays qui se sont engagés, en inscrivant plus de 2400 zones humides d’importance internationale sur la liste des sites Ramsar.


Pierre Hele – «À l’heure actuelle, nous avons plus de 20% du territoire nationale érigé en aires protégées».

Le ministre de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded) présente les efforts du Cameroun à accroitre les zones humides mais aussi les efforts pour conserver la faune et la biodiversité.

Au vu des menaces qui pèsent sur les zones humides au Cameroun, y a-t-il à craindre un péril ?

La première ressource qui alimente les zones humides, c’est d’abord l’eau ; et nous savons que l’eau c’est la vie. Quand nous savons également que sans eau, on ne peut rien faire de bon, je pense que le fait de savoir que l’eau est au centre des zones humides, signifie que les zones humides sont très importantes. Nous avons intérêt à les connaitre et à les protéger, surtout quand nous savons que ces zones humides jouent un rôle très important. D’abord, elles sont pourvoyeuses de ressources en eau, l’approvisionnement des bétails, l’irrigation des cultures, l’hydroélectricité pour la lumière, l’écotourisme. Par la régulation du climat, elles contribuent à la diminution de la pollution. Donc c’est autant de bienfaits des zones humides. C’est pourquoi nous avons intérêt à nous y accrocher.

Chez nous au Cameroun, nous avons, 8,3% de nos zones qui sont concentrées aux zones humides. En termes de bilan sur le plan international, il y a 2400 sites consacrés aux zones humides. Nous avons déjà fait inscrire sept zones sur Ramsar, mais au cours de cette rencontre, nous allons demander aux experts de réfléchir sur cinq autres sites que nous voulons faire inscrire sur la liste des zones humides. Donc, il est très important que nous ayons ces zones humides.

La convention a été mise en place en 1971 et entrée en vigueur en 1975. C’est la période où la communauté internationale a attiré l’attention des uns et des autres sur l’importance de la conservation des biodiversités des zones humides pour lutter contre les changements climatiques et l’exploitation irrationnelle des ressources. Donc, maintenant, nous allons dans le cadre des autres conventions qui vont en appui avec la Convention Ramsar, essayer de consolider ce qui est bien pour nous, pour notre pays et pour la population. Donc, les zones humides sont très importantes. Nous avons intérêt effectivement à les protéger et à voir si en dehors de ces sites, on ne peut pas avoir d’autres sites d’importance internationale à inscrire sur la liste Ramsar.

Comment protéger les zones humides du Cameroun ?

Je ne voudrais pas parler à la place du ministre des Forêts, qui est ici présent, vous avez que la politique est la même. Nous avons une politique de protection. À l’heure actuelle, nous avons plus de 20% du territoire nationale érigé en aires protégées. Ce qui répond aux obligations internationales qui demandent dans les 18% ; donc nous sommes au-delà. C’est un point sur lequel nous pouvons dire que nous avons atteint l’objectif. Mais nous continuions, parce qu’effectivement, pendant que notre administration, notre pays, fait des efforts pour conserver la faune et la biodiversité, il y a des menaces sérieuses auxquelles nous faisons face. Dans les années 1970, on était à 27 000 km2, maintenant on est à 2 000. C’est pour dire qu’avec les effets de dégradation, il y a diminution des efforts. Au niveau du ministère de l’Environnement et du ministère des Forêts, nous entendons relever les efforts pour que nous puissions relever les défis pour la conservation es zones humides. 

Propos recueillis par André T. Essomé

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