Dabanga le 27 mars 2021: Victoire de l’Armée camerounaise

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Le déséquilibre numérique, la mobilité, la puissance de feu, la diversion et l’effet de surprise. Tels sont les facteurs sur lesquels les membres de la secte islamiste Boko Haram ont probablement misé, en attaquant la localité de Dabanga dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mars 2021. Une sorte de reproduction du scénario du 16 Octobre 2014 à Limani.
Sur la carte du Cameroun, Dabanga est une localité rurale du Département du Logone et Chari, traversée par la route nationale n°1 actuellement en voie de réhabilitation. Située à à peine trois cents mètres de la frontière avec le Nigéria, Dabanga est surtout un important centre commercial où s’approvisionnent les villages environnants en denrées alimentaires. Ce qui peut en faire une cible de choix pour les extrémistes en quête de pitance.
Tirant donc parti de l’obscurité, les terroristes entreprennent de s’infiltrer dans la localité avec pour intention manifeste de la dévaster. Mais le temps d’ouvrir le feu, le corps expéditionnaire de Boko Haram constitué de véhicules et de motocyclettes, est vigoureusement pris à partie par le dispositif défensif mis en place en prévision justement d’une telle occurrence.
L’ennemi sentant les mâchoires de l’étau camerounais se refermer autour de lui, et plutôt que d’encourir un anéantissement assuré, s’en remettra à la vitesse de ses jambes pour se tirer d’affaire, abandonnant sur le champ de bataille, ce qui de ses armes et bagages n’avait pas encore été détruit. C’est donc une victoire éclatante que nos Forces viennent de remporter à Dabanga, comme elles en remportent d’ailleurs partout où besoin est de protéger le territoire et ses habitants.
Mais au-delà des victoires au plan tactique, il y a lieu d’entrevoir la trame de fond stratégique qui sous-tend ces succès, une trame tissée dès le 11 novembre 1989, lors de la célébration à Koutaba, du Trentenaire de l’Armée Camerounaise. Le Président de la République, Chef des Forces Armées, Son Excellence Paul Biya, y faisait cette déclaration, prémonitoire des événements actuellement vécus, je cite : ‘‘L’évolution de notre pays et du monde en général implique une adaptation de l’Armée camerounaise aux réalités nouvelles’’. Fin de citation.
Dès cet instant, l’armée camerounaise se mettait en devoir de faire de l’adaptation, une capacité non pas à opérer des ajustements dictés par l’urgence du moment, mais l’aptitude de réaliser à l’avance, les mutations ontologiques permettant une facile absorption d’éventuels bouleversements.

Aussi, de réformes structurelles en mutations doctrinales, de la création d’institutions académiques à l’évolution des contenus pédagogiques, de l’appropriation des savoirs et savoir-faire de pointe à l’amélioration des conditions de vie et de travail des personnels, pratiquement tout sera mis en œuvre, pour une projection sereine des armes du Cameroun vers un futur aux lignes de force aussi agressives qu’elles sont imprévisibles.
Certaines des réalités nouvelles annoncées dans le discours présidentiel d’il y trente ans, sont celles actuellement vécues dans le monde en général, et le Cameroun en particulier. Il s’agit entre autres, de l’expansion du fléau terroriste, des guerres sous faux drapeau pour l’accaparement des ressources, de l’orchestration itinérante des soulèvements populaires saisonniers, de la transformation du principe humanitaire en arme d’invasion massive.
C’est donc en faisant de l’adaptation une posture prédictive et proactive permanente, que nos Forces de Défense et de Sécurité sont aujourd’hui en mesure de relever avec le brio que l’on sait, les défis sécuritaires qui les interpellent, en même temps qu’elles apportent leur écot au vaste chantier du développement de notre pays.

Capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack Guemo, chef de Division de la communication / Mindef

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