Cameroun -Babadjou – Bamenda : Entre défis sécuritaires et reprise des travaux par Bun’s, Bofas et Edge

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Infrastructures routières 3 234 km de routes à bitumer d’ici 2022
Infrastructures routières 3 234 km de routes à bitumer d’ici 2022


Pour la relance effective des travaux de réhabilitation de la route Babadjou – Bamenda, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a présidé le 9 juin 2021 à Yaoundé, une grande réunion de concertation avec toutes les parties prenantes de ce grand projet intégrateur, qui doit définitivement relier Yaoundé au Cameroun et Enugu au Nigéria.


Longue de 51,97 km, la route Babadjou – Bamenda fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions au ministère des Travaux publics. Ceci à cause de la situation sécuritaire qui sévit dans cette partie Nord-Ouest du pays, depuis le lancement de ces travaux de réhabilitation en juillet 2017, avec l’entreprise Sogea Satom, sur financement de la Banque mondiale. Dans l’objectif de développer les échanges socioéconomiques et d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines le long du corridor, 52 km de routes communales supplémentaires à bitumer ont été associés au projet, avec en outre la construction des écoles, des centres de santé, des marchés et des magasins, au bénéfice des collectivités locales.
Initialement découpé en trois sections, Babadjou – Welcome to Bamenda (35,050 km), Bamenda up-hill station by-pass (4,930 km) et Ecole des champions – Amour Mezam junction – Veterinary junction – Hospital Roundabout – Food market – City Chemist roundabout – Veterinary junction (11,990 km), les travaux étaient placés sous le contrôle technique de Bet Studi International, suivant le contrat du 10 mai 2017.


Le départ de Sogea Satom


Malheureusement, l’entreprise Sogea Satiom a essuyé une attaque terroriste sur ses installations, le 22 août 2018, avec incendie de ses équipements et plusieurs autres dommages matériels. Ce qui a conduit l’entreprise à arrêter les travaux le 14 septembre 2018, pour des raisons d’insécurité, alors même que la zone présentait toutes les garanties de calme et de sérénité, depuis les études géotechniques, jusqu’à la notification de l’ordre de service de démarrage des travaux à l’entreprise, en passant par les indemnisations payées aux populations locales. La montée en puissance inopinée des groupes sécessionnistes dans cette zone du chantier, dès 2018, à travers des enlèvements, des assassinats, des demandes de rançons, les harcèlements téléphoniques, a amené Sogea Satom à se retirer partiellement de ce projet routier. En se consacrant uniquement sur la réhabilitation du tronçon Babadjou – Matazem (17 km), depuis le 20 janvier 2020, à la limite entre les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, avec notamment la production des granulats à la carrière de Santa et l’aménagement des nouvelles bases-vie et techniques de l’entreprise à Babadjou et à Mbouda. Et ceci, malgré toutes les mesures prises par le gouvernement pour renforcer le dispositif sécuritaire, pour la poursuite des travaux sur le terrain. Une seconde attaque sécessionniste sur les installations de ce chantier, survenue le 8 janvier 2021, a définitivement conduit Sogea Saton à arrêter unilatéralement les travaux sur ce tronçon, avant même la résiliation de son contrat par le ministère des Travaux publics, pour cause de défaillance, quelques mois plus tard.


L’entrée de Bun’s, Bofas et Edge


Suivant les réorganisations stratégiques du Maître d’ouvrage, la partie restante des 34 km, entre Matazem – Welcome to Bamenda (18,05 km), la voie de contournement de la falaise de Bamenda (4,930 km) et la traversée urbaine de Bamenda (11,990 km), a été confiée par ordre de service du 2 février 2021, à des entreprises locales, ayant un bon encrage sociologique dans la région du Nord-Ouest, afin de faciliter et de fluidifier la communication sociale autour des opportunités de ce projet infrastructurel. Il s’agit respectivement des entreprises BUN’S, de BOFAS et EDGE. Nonobstant quelques réajustements à apporter au Plan directeur d’urbanisation de la ville de Bamenda, ainsi qu’au Plan d’action de réinstallation approuvé par le partenaire financier qu’est la Banque mondiale.
A cet effet, l’ingénieur de l’Etat, représenté ici par le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, face au Préfet de la Mezam, Emile Mooh, au Maire de la ville de Bamenda, aux honorables députés de la circonscription de Santa, en présence de toutes les autres organisations et représentants de la société civile de ladite localité, a instruit sans délais la relance et l’achèvement de ces travaux sans discontinuité, conformément aux cahiers de charges et aux chronogrammes desdits chantiers arrêtés d’un commun accord.


Samuel Bondjock

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