Cameroun – Infrastructures routières : Campo coupée du reste du pays.

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Petit village perdu dans la région du Sud du Cameroun, la localité de Campo dispose pourtant de nombreux atouts touristiques.


Parler du Cameroun aujourd’hui sans évoquer la cité balnéaire de Kribi, c’est quasiment impossible. Grâce à ses nombreux sites touristiques et surtout ses très belles et luxueuses plages de sable, le chef-lieu du département de l’Océan fait aujourd’hui partie des destinations préférées des voyageurs, aussi bien nationaux qu’internationaux. On ne compte plus le nombre de touristes qui font le déplacement chaque année pour contempler les merveilles qui s’y trouvent et surtout découvrir les campements des pygmées situés dans les villages voisins. Justement, parmi ces nombreux villages voisins à Kribi, se trouve la localité de Campo, une destination plus connue aujourd’hui par le mauvais état de la route qui la relie au reste du pays.
Pour visiter cette destination côtière, il faut parcourir 75 km à partir de la ville de Kribi. Le premier embranchement situé entre Kribi et le village Lolabe, site du Port Autonome de Kribi bénéficie de la faveur du bitume. Dès la traversée du Port, le chemin, tel la marche du Christ vers Golgotha devient un énorme calvaire en cette saison pluvieuse. 47km à partir de Lolabe en moto, un véritable parcours de combattant. La route étroite, rocailleuse et en piteux état traverse une forêt dense où se trouvent de nombreux villages. Entre de gigantesques cratères emplies d’eau et de boue et les multiples cascades à effectuer au regard de la densité de trous, de petites collines et de quelques virages dangereux ; L’envie de voyager, eh bien ! On la perd aussitôt. Il faut s’armer d’un fighting spirit à la Camerounaise et de beaucoup d’enthousiasme pour s’y rendre. Au cas contraire, la balade risque vous terroriser. Que l’on soit touristes ou même riverains, le port des bottes est toujours la meilleure option.
Les véhicules, eux, bien que bénéficiant d’un meilleur confort ne sont véritablement pas conseillés. Car au lieu-dit « Mballa Mballa », si vous n’avez jamais pataugé dans la boue, elle vous accueillera gracieusement et vous obligera à rester avec elle. C’est bien dommage ! Quand on sait que cette localité dispose d’énormes richesses forestières, exploitées anarchiquement et de façon illégale, d’une ouverture sur la mer et d’un parc national situé à Ma’an à 16Km de Campo, favorisant le développement du tourisme. Mais la route reste chaotique. Quel paradoxe !
Comment comprendre que cette route, inscrite comme route nationale numéro 7 puisse ne pas bénéficier d’un bitume en bon état ? Bien plus encore, effectuer 16 années d’études de faisabilité d’un tronçon d’à peine 47Km relève-t-il de l’idée de développement auquel aspire le Cameroun ? Autant de questions qui méritent d’être examinées avec le plus grand soin tant cet arrondissement se situe à une position stratégique. Frontalier à la Guinée Equatoriale plus précisément à 700m de Rio Campo, ville équato-guinéenne, Campo a été un important comptoir commercial durant la période coloniale. Son glorieux passé, ses énormes richesses et sa diversité culturelle font d’elle, une future cité commerciale. Il faut donc la désenclaver !

                                                                    Christian OTSONG   

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