La 26ème conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP26) se déroule du 1er au 12 novembre 2021, dans la ville de Glasgow en Grande Bretagne, avec la participation de la délégation camerounaise, conduite par le ministre des relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, accompagné pour la circonstance des ministre, Hele Pierre, de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable, et Jules Doret Ndongo, des forêts et de la faune.

Présidant aux destinées de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac), le Cameroun, à l’occasion de cette rencontre internationale de haut niveau, entend faire valoir ses spécificités et ses priorités sur les questions en négociation, pour une plus grande justice climatique, en rappelant tout de même qu’il abrite sur son territoire un pan important du massif forestier du Bassin du Congo, qui constitue le deuxième plus grand réservoir de carbone de la planète.

Fort de cette position privilégiée, la délégation camerounaise a présenté à la conférence de Glasgow sa Contribution Déterminée au niveau National, dénommée CDN. Un document révisé qui comporte à la fois des actions d’adaptation et d’atténuation, dont l’objectif premier à l’accord de Paris en 2015 était de réduire les émissions des gaz à effet de serre de l’ordre de 32% d’ici 2035, soit environ trente-trois millions de tonnes équivalent CO2, et de rehausser la résilience et les capacités d’adaptation des populations et des secteurs de développement du pays. Le défi principal de cette CDN est de valoriser et de moderniser les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’énergie, tout en réduisant ses émissions avec pour enjeu principal de concilier l’émergence du pays et la problématique de réduction des émissions. Une volonté d’orienter le pays vers un développement durable, sans carbone.

Objectif zéro carbone

Des objectifs ambitieux  revus à la hausse, après la ratification de l’Accord de Paris sur le climat qui a introduit la notion de Contribution déterminée au niveau national (CDN) en ce qui concerne la réduction des (GES) Gaz à effet de serre à l’horizon 2030. C’est ainsi que la première CDN du Cameroun adoptée en 2016 dans la foulée, a récemment été révisée en 2021, pour s’adapter aux enjeux actuels. L’ambition chiffrée passe alors de 32 % à 35% de réduire les émissions des gaz à effet de serre de l’ordre d’ici 2035, répartie comme suit : 23% en conditionnel et 12% en inconditionnel, soit au total soixante-seize millions de tonnes de CO2 à réduire à l’horizon 2030.

Une contribution qui a suscité la satisfaction de madame la Secrétaire Exécutive de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, Patricia Espinosa, qui a écrit dans un récent tweet : « Félicitations Cameroun pour la soumission de votre CDN révisée (…). Votre engagement est remarquable et très apprécié. Nous invitons beaucoup d’autres pays à suivre l’exemple pour garantir le succès de la COP 26 ».

Cette COP26 aura donc pour mission fondamentale de remobiliser les Etats et toutes les autres parties prenantes, pour l’atteinte de l’objectif de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES), tout en revoyant à la hausse les engagements financiers qui doivent désormais être respectés. Ceci à travers la mise en place d’un système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays qui en émettent trop, et ceux qui en émettent moins. L’objectif financier est alors de mobiliser 100 milliards de dollars/an pour relever ces défis.

Cap sur les financements

Et constat le plus amer étant que, le bassin du Congo, qui abrite la seconde plus vaste forêt tropicale du monde, reçoit beaucoup moins de financements internationaux dédiés à la gestion durable et à la protection de la nature. Loin derrière l’Asie du Sud-Est, ou encore l’Amazonie. L’analyse des flux financiers entre 2008 et 2017, fait état de ce que, les forêts d’Afrique centrale ont perçu seulement 2 milliards de dollars, issus de la finance climatique mondiale. Ce qui ne représente même pas 2% des financements mobilisés sur ladite période. Alors même que les besoins en ressources financières nécessiteraient qu’au moins 5% de l’enveloppe verte soit orientée vers cette sous-région, au regard de l’apport des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo dans le bilan mondial de la séquestration du CO2. Autant de challenge que devront relever la délégation camerounaise, de concert avec la commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac).

                                                                       Samuel Bondjock

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