CAN Total énergie Cameroun 2021: L’autel des sacrifices

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Du 9 janvier au 6 février 2022, le Cameroun abrite la 33ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN). Une belle célébration sportive, qui laisse tout de même derrière elle, quelques amertumes, sous fond de sacrifices.
Au-delà de l’image, du prestige et de la notoriété du Cameroun, la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), a englouti d’importants moyens financiers, plusieurs centaines de milliards de FCFA. Ces énormes sacrifices consentis par le peuple camerounais, semble ne pas être à la hauteur du jeu et des enjeux de cette compétition africaine, au regard des attentes des populations locales. Bien au contraire, le sucre de la CAN semble ne pas profiter au citoyen lambda. En ce début d’année 2022, le panier de la ménagère est de plus en plus vide, à cause de la flambée des prix sur les marchés. Sans oublier les impôts, taxes et surtaxes. Même les transferts d’argent électronique par téléphone, n’ont pas échappés à la rapine du fisc, au grand malheur des consommateurs, qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.
La vie chère et l’inflation sont devenus le quotidien des camerounais. L’éducation et le service public en ont pris un coup, suite au communiqué de Secrétaire général des services du premier ministre, Pr Séraphin Fouda, du 15 janvier 2022. Les fans zones, et villages de la CAN, ouverts ici et là, font timidement de bonnes affaires, à cause également des conditions assez contraignantes pour l’acquisition des stands, induisant la non application des prix promotionnels. Tout est chère dans les fans zones. Les prix élevés des tickets d’accès aux stades, les pass sanitaires et les obligations vaccinales vident les stands. Les bourrages des stades est l’option de rattrapage. La polémique autour du gazon du stade de Japoma n’est pas encore vidée. Le grabuge autour de l’argent de la CAN pour la presse privée reste pendant au ministère de la communication. La défaillance des moyens de transports des spectateurs dans les métropoles n’est pas encore résolue. Les conditions de sécurité au stade d’Olembé sont en examen. Il y a eu des pertes en vie humaines. Certains accusent l’absence des sacrifices et des rites traditionnels aux stades d’Olembé et de Japoma, avant leurs mises en service.
Nous pleurons avec les familles endeuillées. Les 8 morts de la bousculade du 24 janvier 2022 à l’entrée du stade d’Olembé, avec plus d’une trentaine de blessés sur le carreau. Au même titre que la célèbre la journaliste, Félicité Oyono, dans l’une de ses tribune, où elle clamait : « Nous pleurons ces morts sacrifiés. Ces destins brisés ». Quelques jours seulement après que le gouvernement camerounais décidait de vider les salles de classe et les administrations publiques, pour remplir les stades de football. Le jeu semble avoir pris le dessus sur les enjeux de la nation.


Les sacrifiés
A travers un communiqué signé le 15 janvier 2022, le Secrétaire général des services du premier ministre, Pr Séraphin Magloire Fouda, informait la communauté éducative que les cours se dérouleront désormais de 7h30 à 13 heures, pendant toute la compétition. Et de 7h30 à 14 heures pour les personnels des administrations publiques. Tout ceci, dans le but de remplir les stades, afin de rattraper certainement les échecs du Comité local d’organisation (COCAN), présidé par le ministre des Sports et de l’éducation physique, Pr Narcisse Mouelle Kombi. C’est à se demander, qui a conçu ces billets des stades, hors du pouvoir d’achat des camerounais moyens ? Qui a introduit ce fameux pass sanitaire obligatoire ? Et qui en paiera les pots cassés ?
Tout compte fait, il fallait absolument sauver la CAN. Sauf que, cette décision a une incidence lourde sur l’éducation de la jeunesse camerounaise, déjà mise à mal par la pandémie de la Covid-19, avec l’instauration du système de mi-temps. Cette réduction des heures de cours, vient à coup sûr empirer cette situation. Etant donné que le deuxième trimestre est la période de l’année scolaire, la plus courte, et la plus déterminante pour la couverture des programmes scolaires. L’éducation des élèves, des jeunes camerounais, est ainsi sacrifiée pour la gloire et le prestige du ballon rond. Point besoin de revenir sur les multiples scandales qui ont entouré l’organisation de cette compétition au Cameroun.
Les ménages en payent le prix lourd. La CAN n’est donc pas sucrée pour ces laissés pour compte. Le taux de fréquentation des restaurants, fans zones, marchés, galeries et espaces de loisirs, semble être faible, du fait de la pandémie du coronavirus. De ce fait, les visiteurs et délégations étrangères, ne sortent pas beaucoup. Avec les embouteillages et les routes barrées, la circulation est réduite. Et les taximen, qui croyaient faire de bonnes affaires, ne sucent pas véritablement la CAN. Quelle grande désillusion !
Le peuple camerounais n’oubliera jamais cette fameuse décision qui impose le pass sanitaire aux spectateurs, pour accéder aux stades. Surtout avec ces vaccins obligatoires contre la Covid-19. La santé des camerounais a ainsi été livrée, à prix d’or, au purgatoire de la Confédération africaine de football (CAF). Peut-être fallait-il profiter de la CAN, pour vacciner le maximum de camerounais. Contre leur gré, afin d’épuiser ces stocks de vaccins des officines occidentales. A qui profite le crime ? Ce peuple sacrifié, qui n’avait que besoin de profiter pleinement de ces belles infrastructures sportives, construites par le président Paul Biya, à la sueur de leurs sacrifices.
Néanmoins, la compétition se poursuit sereinement, avec les victoires successives des Lions indomptables du Cameroun. Et si ce trophée restait à domicile !
Paul Fils Eloundou

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