Cameroun – Professionnalisation de la police municipale : Onu-Habitat jette les balises à la JMH de Bertoua

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Le village de l’habitat Sembe Lecco de Bertoua, a été marqué le 2 octobre 2022, par un atelier animé par le Directeur régional Afrique de Onu-Habitat, Oumar Sylla, sous le thème : « Dialogue multi-acteurs sur la professionnalisation des polices municipales et la réduction du désordre urbain ». Oumar Sylla nous fait l’économie de sa présentation.


Merci beaucoup pour cette opportunité que vous offrez à Onu-Habitat de porter son regard sur cette épineuse problématique liée aux polices municipales. Tout d’abord permettez-moi de remercier et de féliciter les autorités camerounaises, pour avoir associé Onu-Habitat à l’organisation de cette journée mondiale de l’habitat, édition 2022, durant toute une semaine ici dans la ville de Bertoua. Nous avons effectivement abordé cette question de la police municipale autour d’un riche ici même à Bertoua. Et, il a été convenu à l’unanimité que, aussi longtemps que nous ferions face à une croissance démographique dans nos villes, il y aura toujours des risques de délinquances et de perturbations qui vont suivre.


Sachant que l’objectif fondamental d’une ville est d’offrir un cadre de vie serein, calme et moderne à chaque citoyen, il est donc important de voir comment prévenir ces cas de délinquance et de criminalité qui peuvent s’installer. A côté de tout cela, les questions de salubrité, de nuisances, d’esthétique des villes, ou encore d’embellissement se posent également. Il y a eu des expériences qui ont été tentées ailleurs, notamment avec la mise en place de la police municipale, qui vise dans un contexte de décentralisation du pouvoir étatique, de créer une proximité avec les populations. Il s’agit des personnes qui sont disponibles 24h/24h, pour accompagner les populations dans la recherche de cette sérénité dans les villes, mais aussi pour mener des actions préventives afin d’éviter la délinquance que nous voyons souvent s’installer dans nos villes.
Parce qu’aujourd’hui, il y a plusieurs risques qui contribuent à l’accroissement de la délinquance dans nos villes et un facteur principal de ces risques est le manque d’emplois, surtout celui des jeunes. Et quand les jeunes n’ont pas d’emplois, ils deviennent frustrés et des dérives prennent corps. L’autre élément aussi qu’il faut voir, c’est la pollution sonore dans les villes, avec un trafic très dense. Un autre élément c’est la protection des espaces publics et des infrastructures publiques. Tout ça participe à la recherche de ce que nous appelons une police de proximité, qui permet aussi d’appeler et de conduire les citoyens vers la responsabilité, vers la maintenance, mais aussi vers la gestion des infrastructures. C’est pour dire que cette police municipale dont on parle, n’est pas une police répressive, c’est une police de sensibilisation, c’est une police de collaboration avec les populations à la base.
Pourquoi cette session est très importante, c’est tout simplement parce que la république du Cameroun vient de faire passer un décret pour la mise en place de cette police municipale. Et je pense que c’est une opportunité pour le Cameroun d’apprendre des autres pays. Comment cela a été fait ailleurs, quelles sont les erreurs qui ont été enregistrées et comment éviter les mêmes erreurs dans le contexte du Cameroun. Sachant que le Cameroun tend vers un processus irréversible de décentralisation, qui est très important et cela donne tout un sens à ce décret. Alors, il fallait ouvrir ce débat, une espèce de dialogue permanent avec les acteurs, que ce soit au niveau de l’Etat, au niveau des collectivités territoriale, mais aussi au niveau des populations et même des sociétés civiles, pour que nous puissions développer la même compréhension de ce rôle de police municipale. Parce qu’on a vu dans le passé qu’il y a beaucoup de confusions entre police municipale et police étatique, alors que les deux doivent travailler ensemble pour ramener l’ordre dans les villes, mais aussi pour restaurer la confiance entre les citoyens à la base.


C’était tout le sens de cet atelier et moi je suis venu pour représenter Onu-Habitat en tant que directeur du bureau général Afrique. Comme vous le savez Onu-Habitat a une longueur tradition de collaboration avec le gouvernement du Cameroun. On a mis en place un projet de villes sûres. On a tiré beaucoup de leçons de ces villes sûres, qui peuvent servir de base si nous voulons bien, pour la mise en place de cette police municipale au Cameroun. Et nous le verrons très bientôt avec l’arsenal juridique et constitutionnel que va se doter le Cameroun dans ce sens-là. Voilà en résumé l’essence de cette table ronde que nous avons animé au village de l’habitat Sembe Lecco.
Pour mettre en place toutes les garanties de succès de cette police municipale au Cameroun, comme partout ailleurs, la première chose c’est de s’assurer qu’on a des bonnes personnes. S’assurer qu’on a les bonnes personnes voudrait dire qu’on fait un recrutement objectif, basé sur le mérite et le profil de compétence de ces personnes. Mais aussi faire la distinction entre le politique et le professionnalisme. Il ne faudrait pas que cette police municipale soit là pour servir les politiques. Mais, il est là pour une mission bien définie et bien déterminée. Troisième chose, c’est de mettre dans des conditions de travail optimales cette police municipale pour qu’elle ne soit pas tentée par autres choses que par la mission qui lui est confiée. Je pense que voilà des éléments fondamentaux qui vont contribuer au succès de cette belle initiative. A ceci, le professionnalisme, la morale et l’éthique sont des éléments essentiels pour la réussite de toute activité humaine, à plus forte raison quand il s’agit de la police municipale, ou encore de la police nationale. Je pense qu’il s’agit là des critères sur lesquels nous ne devons pas badiner.
Propos recueillis par Samuel Bondjock

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