Cameroun – La ruée des élites vers les chefferies traditionnelles : Ombre et lumière ! Chronique du philosophe psychopédagogue Jean Paul Nna Mvondo.

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Une réflexion sur les guerres de succession dans nos chefferies traditionnelles au Cameroun.

Une certaine atmosphère délétère s’empare des chefferies traditionnelles au Cameroun, dans la guerre de succession des notabilités devant présider aux charges de chefs traditionnels.

Cette situation désagréable, non seulement trahit la crédibilité de la notabilité, mais aussi, transforme l »ennoblissement de certains chefs traditionnels comme une farce, une tricherie sans vergogne.

Nous voulons nous interroger sur les mobiles de tels couacs observés en milieux naturels des chefferies traditionnelles dans notre pays.

Qu’est-ce qui fait courir les hommes à l »ennoblissement dans nos chefferies traditionnelles aujourd’hui ?

On dira trivialement que c’est l’appât du gain sur les plans de la représentation sociale et des avantages liés à la notabilité traditionnelle.

En effet, beaucoup de raisons fallacieuses militent en faveur de la guéguerre dans la succession des chefs traditionnels dans notre pays. Notamment,la recherche de la visibilité, des honneurs dûs à la notabilité et la notoriété de certaines personnes, dans la sphère des décisions sociales.

N »étant pas éligibles dans la généalogique des chefferies traditionnelles, certains individus cherchent par des moyens obscurs (financiers et autres) , à se forger une notabilité, soit parce que l’État en a fait un métier, soit pour exprimer leur désir de domination sur les autres populations locales. Une sorte de folie des grandeurs qu’on souhaiterait exprimer en face des populations dont on aimerait régenter le fonctionnement.

Par ailleurs, beaucoup cherchent à avoir une certaine visibilité politique qui ferait d’eux des hommes en vue parmi les populations d’une localité.

Or, que faut une notabilité sans maîtrise des rouages traditionnels séculaires fondamentaux ?

Telle nous semble indiqué l’un des impondérables qui résoudrait le problème des guéguerres dans les successions dans les chefferies traditionnelles au Cameroun.

De manière historique et séculaire, fondamentalement chaque chefferie traditionnelle repose sur une généalogie forte qui régit les successions dans chaque chefferie traditionnelle. Cependant, beaucoup de personnes mues par l’esprit d’hégémonie de puissance, et de recherche effrénée de la grandeur sociale,se donnent des velléités d’appartenance à la généalogie des familles dont la notabilité est acquise de façon naturelle, pour créer du désordre dans la succession des chefs traditionnels. Ces manigances sont faites par l’achat des consciences humaines et surtout, en fonction de la position sociale de certaines personnalités publiques camerounaises qui aimeraient, en plus du pouvoir administratif qu’elles possèdent déjà, se donner aussi un pouvoir traditionnel. D’où les guéguerres observées dans la succession des chefs traditionnels dans nos localités respectives.

Il importe de soigner cette propension à l’usurpation de titres dans nos chefferies traditionnelles en revenant à l’orthodoxie d’antan de procédure de désignation des chefs traditionnels qui réponde aux normes de la généalogie de la famille royale. Et, l’État devrait veiller à la conformité de ces désignations des chefs traditionnels afin d’éviter la cacophonie qu’on observe actuellement dans nos chefferies traditionnelles, avec des chefs traditionnels qui ne méritent pas de siéger au panthéon des chefferies traditionnelles dans notre pays.

Jean Paul Nna Mvondo, philosophe psychopédagogue.

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