
Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa riposte contre le VIH-SIDA. Le Ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a lancé ce jeudi 9 juillet 2026 à Douala, la phase pilote de la prophylaxie pré-exposition injectable (PrEP injectable). Déployée en priorité dans la capitale économique, cette innovation vise à renforcer la prévention auprès des personnes les plus exposées au risque d’infection.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une baisse de la prévalence du VIH au Cameroun. Selon les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025, le taux de prévalence chez les personnes âgées de 15 à 49 ans est passé de 3,4 % en 2017-2018 à 2,6 %.

Des écarts persistent toutefois entre les régions et les groupes de population. Les personnes transgenres, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les usagers de drogues injectables et les travailleuses du sexe demeurent les plus touchés.
C’est pour répondre à ces défis que le gouvernement introduit la PrEP injectable. Destinée aux personnes séronégatives, cette méthode préventive sera proposée en priorité aux populations clés, ainsi qu’aux couples sérodifférents, dans lesquels l’un des partenaires vit avec le VIH et l’autre est séronégatif. Un test de dépistage négatif est obligatoire avant toute administration.
Intégrée au panier de soins de la Couverture Santé Universelle, la PrEP injectable est entièrement gratuite pour les bénéficiaires. Son déploiement est assuré par l’État du Cameroun avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers.
Pour marquer le lancement de cette phase pilote, une démonstration de l’administration de la PrEP injectable a été réalisée devant les professionnels de santé, les partenaires et les médias. Cette présentation pratique a permis d’expliquer le protocole d’administration et les conditions d’accès à cette nouvelle méthode de prévention. Les responsables sanitaires ont rappelé que la PrEP injectable ne remplace ni le préservatif, ni les autres moyens de prévention ; et qu’elle ne protège pas contre les autres infections sexuellement transmissibles, ni contre les grossesses non désirées.

À travers cette phase pilote, le gouvernement entend renforcer sa stratégie de prévention et réduire les nouvelles infections, avec pour objectif d’éliminer le VIH comme problème de santé publique à l’horizon 2030.
Natacha Mbarga
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