
La rentrée économique du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) a été perturbée ce jeudi 10 septembre 2026, par une interruption de la fourniture d’électricité, venue illustrer de manière concrète les difficultés énergétiques dénoncées par le secteur privé.

Cette interruption, survenue au moment même où le patronat exposait ses préoccupations, a apporté une illustration concrète à l’alerte lancée par son président, Célestin Tawamba, quant à la persistance de la crise énergétique. Selon lui, les projets de barrages et les financements annoncés ne sauraient suffire à résorber les difficultés auxquelles demeure confronté le secteur industriel. Le déficit d’électricité continue ainsi d’entraver les ambitions de transformation du tissu productif.
Les données du GECAM confirment l’ampleur du problème. D’après l’organisation patronale, 80 % de ses entreprises membres considèrent le déficit électrique comme leur principal défi opérationnel. L’interruption intervenue lors de cette rentrée économique a ainsi résonné comme une mise en scène involontaire, mais particulièrement éloquente, des difficultés dénoncées depuis plusieurs mois. Cette situation nourrit les préoccupations du secteur privé, pour lequel la disponibilité et la qualité de l’énergie conditionnent directement les capacités de production et d’investissement.

Lors de la rentrée économique du GECAM, Célestin Tawamba a estimé que les annonces de projets ne sauraient se substituer à des résultats tangibles. Il a souligné que le potentiel industriel du Cameroun resterait inexploité tant que la continuité de l’approvisionnement énergétique ne serait pas garantie. L’interruption de la fourniture d’électricité venue interrompre les échanges a conféré une portée accrue à ce message, transformant une dénonciation en constat immédiatement perceptible.
Le président du GECAM considère que la situation a atteint un degré devenu difficilement acceptable pour les entreprises. Il relève que, malgré les annonces récurrentes relatives aux financements et à la construction de barrages, l’offre d’électricité demeure insuffisante. L’incident survenu pendant la rencontre a précisément mis en évidence le décalage entre les engagements proclamés et la réalité à laquelle sont confrontés les acteurs économiques.
Cette situation met en cause la capacité du Cameroun à concrétiser ses ambitions industrielles. Pour les entreprises, les investissements consacrés aux infrastructures énergétiques ne peuvent produire pleinement leurs effets qu’à la condition d’améliorer effectivement la disponibilité et la fiabilité de l’électricité destinée à l’appareil productif.
Célestin Tawamba appelle donc à une évolution qui ne se réduirait pas à un simple changement de responsables ou de dénominations institutionnelles. Il préconise une véritable réorientation de la politique publique, afin de répondre avec davantage d’efficacité aux difficultés auxquelles les entreprises sont confrontées.
Son intervention a également porté sur la fiscalité, autre sujet de préoccupation majeur pour le secteur privé. Le GECAM réclame une révision du système en vigueur, le président de l’organisation jugeant certains prélèvements particulièrement pénalisants pour les entreprises. Selon lui, cette pression contribue également au maintien d’une partie de l’activité dans le secteur informel.
S’agissant du commerce extérieur, Célestin Tawamba a dénoncé les barrières non tarifaires qui affectent les produits africains sur le marché européen. Il exhorte les pays producteurs à mieux défendre leurs intérêts dans les négociations commerciales et à prendre une part plus active à la définition des conditions d’accès à ces marchés.
Il estime notamment que les pays africains, producteurs de matières premières telles que le cacao, devraient être en mesure de peser davantage sur les règles commerciales qui leur sont appliquées. Cette position traduit la volonté de ne plus accepter systématiquement l’ensemble des conditionnalités imposées, alors même que ces pays s’emploient à consolider leurs économies.
Pour Célestin Tawamba, cette problématique excède le seul secteur du cacao.
Elle renvoie plus largement à la capacité des économies africaines à accroître leur influence dans les échanges internationaux et à préserver leurs intérêts face aux exigences croissantes imposées à leurs produits.
La question énergétique reste le principal signal d’alerte.
L’interruption survenue lors de la rentrée économique du GECAM en a fourni l’illustration la plus immédiate. Pour le président du GECAM, les annonces d’investissement ne valent que si elles garantissent une électricité disponible, stable et compétitive, indispensable à la production, à l’investissement et à la création de valeur.
Natacha Mbarga
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