Cameroun – Affaire REDHAC : Verdict attendu ce 21 septembre 2026.


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  • 9 septembre 2026

Au terme de l’audience du 7 septembre 2026 au Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, le ministère public a demandé la requalification des faits reprochés aux deux responsables du REDHAC en délit de rébellion en coaction et leur déclaration de culpabilité. La défense a plaidé la relaxe. Le tribunal rendra sa décision le 21 septembre 2026.

L’affaire opposant le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) à l’administration camerounaise connaît un nouveau tournant judiciaire. Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du REDHAC, et Me Alice Nkom, coprésidente de son conseil d’administration, ont comparu une nouvelle fois lundi 7 septembre devant le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.
Au cours de cette audience, le ministère public a présenté ses réquisitions après plusieurs renvois du dossier.

Selon les éléments rapportés par plusieurs médias, l’accusation a demandé au tribunal de requalifier les faits initialement poursuivis et de retenir contre les deux prévenues le délit de rébellion en coaction. Le parquet estime notamment que leur comportement traduirait un refus de se soumettre à l’autorité administrative dans l’exercice de ses fonctions.

Pour Maximilienne Ngo Mbe, le ministère public a notamment évoqué les dispositions des articles 74 et 157 du Code pénal avant de considérer que les faits devaient plutôt relever de l’article 37 alinéa 6. Le parquet a ainsi demandé au tribunal de retenir sa culpabilité.

La défense conteste cette lecture du dossier. Une vingtaine d’avocats se sont relayés à la barre pour demander la relaxe des deux prévenues. Me Claude Assira a notamment contesté la qualification de rébellion, estimant que le fait de ne pas répondre à une convocation administrative ne saurait, en lui-même, constituer une telle infraction. Il a également rappelé que la suspension du REDHAC et la fermeture de ses locaux avaient fait l’objet d’une procédure devant le juge administratif.

La défense s’est également appuyée sur la décision rendue antérieurement par le juge administratif concernant les scellés apposés sur les locaux du REDHAC. Les avocats soutiennent notamment que l’acte administratif à l’origine de la procédure ne mentionnait pas explicitement l’apposition de ces scellés et qu’il n’aurait pas été régulièrement notifié à l’organisation.

L’affaire trouve son origine dans la suspension du REDHAC ordonnée en décembre 2024 par le ministre de l’Administration territoriale, ainsi que dans la mise sous scellés de ses locaux. Les deux responsables sont poursuivies dans le cadre de la réouverture des locaux, intervenue après une décision du juge administratif en 2025.

Pour les avocats de la défense, cette procédure dépasse le seul contentieux opposant une organisation aux autorités administratives. Ils y voient une question liée à la liberté d’association, à la défense des droits humains et au respect de l’État de droit. De son côté, l’accusation maintient que les faits reprochés aux prévenues justifient leur condamnation.

Après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, le tribunal a mis l’affaire en délibéré.

Maximilienne Ngo Mbe et Alice Nkom seront donc fixées sur leur sort, le 21 septembre prochain.

Natacha Mbarga

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