
Un atelier national sur l’harmonisation des documents de planification urbaine et de développement des communes de Mokolo et de Fotokol, dans la région de l’Extrême-Nord, s’est tenu le 27 janvier 2026 au Djeuga Hôtel de Yaoundé, sous la présidence du Secrétaire général du Ministère de l’Habitat et du développement urbain, Pr. Nna Mathurin.

Aux côtés du système des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), le gouvernement du Cameroun entend renforcer la localisation des ODD dans les municipalités de Mokolo et Fotokol, grâce à la synergie et à l’harmonisation des instruments d’aménagement du territoire, intégrant les groupes vulnérables, notamment dans la région de l’Extrême-Nord.

En effet, depuis plusieurs années déjà, le Cameroun est secoué par des crises sécuritaires dans la région de l’Extrême-Nord, avec les attaques de Boko-Haram ; les crises sociopolitiques des les régions anglophones du Nord-Ouest et de Sud-Ouest, en passant par les crises climatiques, avec la sécheresse et les fortes inondations dans la partie septentrionale du pays, sans oublier les crises des réfugiés dans la région de l’Est. Et selon les données de l’OIM en 2021, ces crises ont entraîné les déplacements forcés de près de 2,2 millions de personnes, soit 56% des femmes ; dont 1 million fr déplacés internes et 500 000 réfugiés demandeurs d’asiles.

D’où l’impératif d’intégrer ces migrants forcés dans les politiques de planification urbaine et d’occupation de l’espace. C’est dans cette dynamique que les Communes de Mokolo et de Fotokol, qui sont régulièrement frappées par ces differentes crises, créant ainsi une situation de précarité généralisée, avec 72,6% des femmes qui utilisent des lampes à pétrole et 96,45% des femmes qui utilisent le bois de chauffe, ont été sélectionnées par ONU-Habitat, pour examiner, analyser et harmoniser les documents de planification urbaine, afin d’accompagner ces municipalités dans leurs missions régaliennes.
Selon le Coordonateur du Bureau projet ONU-Habitat au Cameroun, Christian Bedga Ngue : « Il faut dire que, selon les chiffres du HCR (Haut Commissariat pour les réfugiés), la Commune de Mokolo connaît environs 17 000 déplacés forcés et la Commune de Fotokol est à 19 000 déplacés forcés. Cette situation a énormément affectée les besoins en équipements socio collectifs et des services urbains de base. Même l’occupation de l’espace également en a pris un sérieux coup. D’où l’importance de repenser ces documents de planification urbaine, afin de mieux accompagner ces deux Communes. Les principaux résultats que nous avons pu obtenir sont entre autres, le soutien à la maturation et à la budgétisation des projets. On citera par exemple le projet de construction d’une cité municipale à Mokolo ; le projet de construction d’un complexe sportif pour les jeunes de Mokolo. Nous avons également organisé un Forum communal à Maroua, sur la priorisation des projets ; avec des formations des femmes sur la gestion durable des déchets, avec la mise en place de deux unités de production du charbon écologique dans les deux communes. Plus de 400 femmes formées. Deux logements témoins ont été construit en brique de terre, pour les enseignants ; et les femmes ont également été formées dans la fabrication de ces briques de terre, avec les équipements de ces communes en machine de production des briques de terres, pour multiplier ces constructions dans ces localités. On n’oubliera pas la construction des hangars d’entreposage des produits agricoles et alimentaires à Mokolo et Fotokol, pour les associations des femmes ».

S’agissant de l’Impact de ce projet sur le terrain, le Maire de la Commune de Mokolo, Dr. Vohod Deguime, précise que : « Avec tout ce que nous avons subit comme désastre, dans la commune de Mokolo, avec les crises sécuritaires de Boko haram, nous nous sommes lancés dans un processus avec tous les humanitaires, depuis plus de 10 ans aujourd’hui, pour évaluer les salles de classe qui sont tombées, la population qui n’a plus à manger, les maissons qui ont été détruites, les champs ravagés, etc. Il fallait alors penser ensuite à la reconstruction et au développement de la Commune de Mokolo. C’est dans cette vision que le système des Nations Unies et toutes les sectorielles, se sont mis ensemble, pour faire évoluer nos documents de planification. Nous avons alors élaborés un plan d’occupation des sols, avec l’accommodement de ONU-Habitat et du Ministère de l’Habitat et du développement urbain. Ainsi que notre plan communal de développement (PCD). Et les résultats sont assez satisfaisants sur le terrain ».
Samuel Bondjock.
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