
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, la promotion de Master 1 de psychologie de l’Université de Yaoundé 1 a organisé avec le soutien du cabinet de traduction TRANSLATPRO, une soirée ciné-débat.
Au cœur des échanges : la projection du long-métrage LUSALA, miroir saisissant du thème international de cette année 2026.
Faire entendre les voix trop souvent étouffées de la souffrance psychologique. Tel était l’objectif des étudiants en Master 1 de psychologie de l’Université de Yaoundé 1. Réunis pour commémorer la Journée mondiale de la santé mentale, tenue ce 10 octobre 2026, les futurs psychologues ont choisi le 7ᵉ art comme vecteur de sensibilisation autour du thème international qui est : « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement ».
Le traumatisme à l’écran : la trajectoire d’une blessure invisible
Pour incarner cette thématique, les organisateurs ont projeté le film LUSALA. Le long-métrage retrace le parcours tragique d’un jeune homme marqué dès l’enfance par la violence d’un père alcoolique et par la perte brutale de sa petite sœur, noyée sous ses yeux lors de leur fuite. Recueilli par sa famille élargie, Lusala grandit dans le déni de ce drame, écrivant sans relâche des lettres à cette sœur qu’il croit toujours vivante.
C’est à l’aube de sa vie d’adulte, confronté à l’obligation d’autonomie et à la découverte de vérités enfouies, que le couvercle vole en éclats. Proie à d’intenses hallucinations visuelles et auditives, le protagoniste bascule dans le repli sur soi, l’agressivité incontrôlée, jusqu’à une tentative de noyade désespérée. Sauvé in extremis, Lusala entame enfin le douloureux chemin de l’acceptation de la réalité.
De la fiction au débat : déconstruire la « folie »
Au-delà du drame cinématographique, le choix de ce film a permis d’illustrer la vision portée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Comme l’ont souligné les étudiants lors des discussions, l’histoire de Lusala rappelle que la maladie mentale n’est pas une fatalité inexplicable : derrière les symptômes se cachent souvent des traumatismes complexes, des deuils inachevés et une profonde culpabilité.
« Lusala n’est pas « un fou ». Au contraire c’est une personne d’apparence normale jusqu’à ce que surgisse l’élément déclencheur. C’est une voix authentique, une personne portant le poids d’une expérience vécue dévastatrice. Pendant des années, sa souffrance est restée invisible parce que sa voix n’a pas été réellement entendue », est-il ressorti des réflexions de la soirée.
L’écoute active au cœur de la prise en charge
À l’issue de la projection, la salle a laissé place à un débat d’une grande profondeur scientifique et humaine. Entre camarades de spécialité, les échanges ont porté sur la prise en charge des traumatismes psychiques, l’importance du soutien social et la nécessité absolue de briser les stéréotypes.
En rappelant que le véritable changement commence par l’abandon des jugements de valeur au profit d’une écoute bienveillante, les étudiants de Master 1 de l’Université de Yaoundé 1 ont démontré que la santé mentale concerne l’ensemble de la cité. Une initiative à la fois émouvante, riche d’enseignements et porteuse d’espoir pour l’avenir de la psychologie au Cameroun.
Rosine Yémélé
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