
La fièvre jaune et la poliomyélite : deux fronts de vigilance sanitaire accrue au Cameroun.
Alors que l’attention nationale reste focalisée sur la Mpox, les autorités sanitaires camerounaises maintiennent une surveillance étroite sur d’autres maladies à potentiel épidémique, notamment la fièvre jaune et la poliomyélite. Deux pathologies différentes, mais un même impératif : prévenir, vacciner et agir rapidement pour éviter toute flambée majeure.

En 2025, le Cameroun a notifié 29 cas confirmés de fièvre jaune, dont deux décès enregistrés dans les districts de santé de Mvangan et Djoum, dans la région du Sud. Au total, 22 districts répartis dans neuf des dix régions du pays ont été touchés, à l’exception du Sud-Ouest.
La répartition des cas illustre une circulation diffuse du virus. Adamaoua, Centre, Est, Extrême-Nord, Littoral, Nord, Nord-Ouest, Ouest et Sud ont enregistré des cas confirmés.
Face à cette situation, le Ministère de la Santé Publique, conduit par le Dr Malachie Manaouda, a activé plusieurs leviers de riposte.
Un plan national d’élimination a été élaboré, la surveillance épidémiologique renforcée et des investigations menées dans les zones affectées. Une requête a également été introduite auprès du Groupe international de coordination (ICG) pour une riposte vaccinale ciblée dans quatre districts à haut risque : Gazawa, Ngaoundal, Abo et Fotokol.

Transmise par les moustiques, la fièvre jaune peut provoquer des formes graves avec atteinte hépatique. Toutefois, la vaccination reste une protection efficace et durable, constituant le socle de la stratégie nationale. Ces informations ont été données au cours du point de presse donné par le Ministre de la santé publique, le 19 février 2026, à l’ hôpital Laquintinie de Douala.
Poliomyélite : préserver le statut de pays libre
Sur un autre registre, le Cameroun conserve son statut de « pays libre de poliovirus sauvage ». Un acquis précieux que les autorités entendent préserver.
En 2025, la surveillance a permis de détecter un poliovirus dérivé de type 3 à Ngaoundéré rural (Adamaoua), ainsi que trois poliovirus dérivés de type 2 dans les districts de Kousséri, Ngaoundéré urbain et Biyem-Assi. Ces virus dérivés apparaissent généralement dans des zones où la couverture vaccinale est insuffisante, permettant au virus vaccinal affaibli de circuler et de muter. Pour contenir tout risque de propagation, un deuxième tour de Journées locales de vaccination a été organisé du 12 au 15 février 2026, ciblant les enfants de 0 à 59 mois dans les régions à haut risque : Adamaoua, Extrême-Nord, Est et Nord.

Maladie virale hautement contagieuse pouvant entraîner des paralysies irréversibles, la poliomyélite demeure une menace dès lors que la vigilance faiblit. D’où l’importance d’une couverture vaccinale élevée et d’une surveillance continue.
Une même stratégie : l’anticipation et la vaccination de la Fièvre jaune et de la poliomyélite rappellent que, au-delà des urgences médiatisées, le système de santé camerounais reste mobilisé sur plusieurs fronts. Surveillance renforcée, ripostes ciblées, campagnes de vaccination et coordination avec les partenaires techniques, constituent les piliers de cette stratégie.
Dans un contexte régional marqué par la mobilité des populations et les risques transfrontaliers, la prévention reste la meilleure arme. Et dans les deux cas, le vaccin demeure le bouclier le plus sûr pour protéger les communautés et préserver les acquis sanitaires du pays.
Marcelle Ndzanga – Celcom Minsanté
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