
Comme dans plusieurs pays africains, tels que le Nigéria avec la raffinerie Dangoté, l’Angola avec Cabinda Refinery, la Namibie avec Walvis Bay Refinery, le Niger avec Walter Smith ou encore Duport Midstream, le Kenya, le Soudan du Sud et l’Ouganda, pour ne citer que ceux-là, le Cameroun a également pris l’option de la technologie modulaire, pour la construction de sa raffinerie à Kribi.
En effet, la technologie modulaire pour la construction d’une raffinerie consiste à préfabriquer en usine, des unités ou des modules complets, avec tous les essais nécessaires, prêts au transport et à l’assemblage sur site.

Dans le cas d’espèce, il s’agit de la construction en usine de toutes les structures, les tuyauteries, les équipements, les systèmes électriques et de contrôle. Ceux-ci seront alors transportés sur le site de la raffinerie à Kribi, pour assemblages raccordements et essais finaux, pour une mise en service optimale de la raffinerie CSTAR, dans les délais contractuels. Avec la production des premiers barils de pétrole raffiné à Kribi, d’ici décembre 2026.
Contrairement à l’ancien modèle de construction traditionnelle et classique qui consiste à construire toute la raffinerie directement sur le terrain, la technologie modulaire permet aujourd’hui de diviser le schéma de construction d’une raffinerie, en plusieurs unités ou modules, préfabriqués depuis les usines qui peuvent être implantées dans différents pays du monde. Ainsi, nous avons par exemple des Modules de distillation ; des Modules de traitement des produits pétroliers ; des Modules de stockage et de pompage ; des Modules électriques et d’instrumentation ; et des Modules utilitaires (eau, vapeur, air comprimé, etc.). Chacun de ces modules est testé en usine avant son expédition sur le site de construction de la raffinerie à Kribi.

Cette technologie modulaire est particulièrement utilisée pour la construction des mini-raffineries, comme cette de Kribi, d’une capacité de production de 1 000 à 30 000 barils/jour). Elle est également nécessaire pour des raffineries situées dans des zones isolées ; mais aussi pour des projets de raffinerie nécessitant une mise en service rapide, comme c’est le cas à Kribi. Les projets dextensions des raffineries déjà existantes font généralement usage de cette technologie innovante, qui présente tout de même des avantages comparatifs assez attractifs.
Plusieurs études industrielles démontrent que cette technologie modulaire permet d’accélérer le démarrage de la production de la raffinerie, avec une réductions substantielle des délais des travaux sur le chantier, pouvant atteindre les 50%, par rapport aux délais dans les construction conventionnels. Au même moment, les travaux de préfabrication en usine et ceux de préparation du site à Kribi, peuvent se realiser en parallèle. Cette option s’adapte à des contextes où les moyens humains et matériaux sur site ne sont pas toujours disponibles en qualité et en quantité suffisante. On note également une amélioration de la sécurité avec ces constructions préfabriquées, car une grande partie des travaux à risque est réalisée en ateliers et la qualité est beaucoup plus facile à maîtriser, avec toutes les inspections et essais réalisés dans un environnement industriel contrôlé. En plus, ce modèle offre des possibilités d’ajouter de nouveaux modules à tout moment, pour augmenter la capacité de la raffinerie.
Il faut rappeler que cette technologie modulaire est savamment implémentée dans le monde, par des groupes d’ingénierie de premier rang, comme Honeywell UOP, Technip Energies, McDermott ou encore Worley, qui ont développé des solutions intégrées dans ce sens. Celles-ci permettent de livrer des unités de raffineries complètes, prêtes à être raccordées directement sur le terrain.
Néanmoins, il faut souligner que cette technologie présente quelques contraintes nons négligeables. Notamment sur le transport assez onéreux et complexe des modules préfabriqués, des usines jusqu’au site de construction à Kribi. Avec les limitations routières et portuaires. La taille des équipements reste conditionnée par ces contraintes logistiques, ce qui impose une conception assez détaillée et très rigoureuse du projet à la base.
C’est alors pour toucher du doigt, le niveau d’avancement des constructions de ces modules préfabriqués, que madame la Présidente du Conseil d’administration de CSTAR, Nathalie Moudiki, a conduit une importante délégation des experts de CSTAR, sur le site des usines et ateliers de ces constructeurs internationaux. Les images de ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux, en disent long, sur les assurances et la satisfaction de l’équipe projet, à tenir la promesse de la production des premiers barils, le jour dit.
Visiblement rassurée à l’issue de cette mission de vérification, Nathalie Moudiki, PCA de CSTAR, précise que : « En Afrique centrale et au Cameroun en particulier, au regard de nos contraintes socioéconomiques et au nom de notre souveraineté énergétique, la modularisation peut être particulièrement intéressante pour nos États. Car, elle réduit énormément les travaux de chantier. Elle limite les besoins en main-d’œuvre spécialisée locale, que nous n’avons déjà pas sur place. Et en plus, elle accélère le démarrage de la production de notre raffinerie, pour le grand bonheur de nos populations. Ceci, conformément aux très hautes prescriptions du Président de la République, Paul Biya ».
Samuel Bondjock.
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