
La terreur a de nouveau frappé les communautés rurales de l’arrondissement de Mora, dans le département du Mayo-Sava. Dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juin 2026, des éléments armés de la secte terroriste Boko Haram ont mené une violente incursion dans la localité de Djaka, située dans le canton de Bazlama (parfois orthographié Baldama), non loin de la frontière avec le Nigeria.
Profitant de l’obscurité, les assaillants ont ciblé des habitations isolées, plongeant le village de Djaka dans l’effroi. Le bilan de cette attaque nocturne est particulièrement lourd pour une même. Un père de famille a été froidement abattu par balle alors qu’il tentait de s’opposer aux terroristes. Après avoir tué le chef de famille, les assaillants ont kidnappé sa fille, une enfant âgée de seulement 9 ans. Quelques heures après l’attaque, les ravisseurs ont fait parvenir une exigence financière aux proches, réclamant la somme de 2 millions de FCFA en échange de la libération de la fillette.
Au lendemain de cette incursion sanglante, des images poignantes témoignent de la profonde détresse qui s’est emparée de la communauté. On y voit des dizaines de résidents (hommes, femmes et enfants) rassemblés en extérieur, hagards, aux côtés des autorités locales et des hommes en uniforme venus sécuriser les lieux.
Pour les villageois, c’est le choc et le sentiment d’une vulnérabilité persistante qui dominent face à ce mode opératoire dramatiquement classique.
Ce nouvel incident rappelle la fragilité sécuritaire de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Malgré le déploiement de la Force Mixte Multinationale (FMM), de l’armée régulière et la résilience des comités de vigilance locaux, les cellules résiduelles de Boko Haram (ou de l’ISWAP) continuent d’exploiter la porosité des frontières nigérianes.
Faute de pouvoir tenir des positions face aux forces conventionnelles, ces groupes multiplient les raids asymétriques contre des cibles civiles molles. Leurs objectifs restent inchangés : terroriser les populations, piller le bétail, voler les denrées alimentaires et multiplier les enlèvements contre rançon pour financer leur logistique.
Peter Kum
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