
Mission de terrain cruciale pour la sécurité alimentaire dans le septentrion camerounais. Sarah Longford, Directrice régionale adjointe du Programme Alimentaire Mondial (PAM), pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, a effectué une visite d’inspection des opérations du PAM dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Cette visite a permis d’échanger avec les autorités locales, les partenaires techniques et les bénéficiaires afin de fixer les priorités en matière de nutrition, de résilience et d’assistance d’urgence. La délégation a mesuré l’impact du programme d’alimentation scolaire basée sur la production locale (home-grown school feeding). Ce modèle crée un cercle vertueux en liant la nutrition des enfants au développement agricole.
Au cours de l’année scolaire 2025–2026, 458 élèves ont reçu quotidiennement un repas chaud et nutritif, favorisant la scolarisation et la concentration selon le PAM.
D’après l’ONU, 42,48 tonnes métriques de denrées alimentaires ont été directement achetées auprès des coopératives agricoles locales. Cette injection de fonds a généré plus de 50 000 USD (environ 30,5 millions de FCFA) de revenus réinvestis dans l’économie de la communauté.
Le PAM soutient activement 1 300 personnes à travers des projets structurants axés sur la diversification des revenus et la gestion des ressources naturelles. Les premiers résultats quantitatifs témoignent de la viabilité des installations avec près de 1,5 tonne métrique de poisson produite, plus de 5,7 millions de FCFA de ventes générées.
Au camp de Minawao, qui abrite les populations ayant fui les exactions de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, le PAM a modernisé son assistance grâce au programme d’e-vouchers (bons d’achat électroniques).
Sur les 54 000 réfugiés enregistrés dans le camp, 30 000 parmi les plus vulnérables sont ciblés. Lors du dernier cycle de distribution, 29 771 personnes ont été effectivement atteintes.
Le programme s’appuie sur un réseau de 19 commerçants locaux accrédités. Ce système a injecté plus de 4,8 milliards d’USD dans les circuits commerciaux régionaux, tout en offrant aux réfugiés la liberté de choisir leurs aliments.
Malgré le succès de ce dispositif, la directrice régionale adjointe a tiré la sonnette d’alarme : les ressources financières pour maintenir cette aide vitale au camp de Minawao ne sont sécurisées que jusqu’en août 2026.
En conclusion de sa tournée, Sarah Longford a chaleureusement remercié les communautés d’accueil, les autorités administratives camerounaises ainsi que le service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS). Elle a réaffirmé que l’avenir de l’aide humanitaire dans l’Extrême-Nord repose sur ce double nexus : répondre à l’urgence nutritionnelle immédiate tout en bâtissant des passerelles solides vers l’autonomie financière des populations.
Peter Kum
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