
Coup de frein diplomatique sur les rails de l’intégration régionale en Afrique centrale. Le gouvernement tchadien a officiellement apporté un démenti catégorique concernant la validation définitive du tracé du futur chemin de fer reliant Ngaoundéré (Cameroun) à N’Djamena (Tchad).
Cette mise au point ferme intervient en réaction à une annonce unilatérale des autorités camerounaises, datée du 5 juin 2026. N’Djamena réaffirme avec force qu’aucune décision ne saurait lui être imposée par Yaoundé, sans un consensus bilatéral préalable.
Au cœur de cette discorde technique et souveraine, trois variantes de tracés restent à ce jour en discussion au sein de la commission mixte. Les écarts d’investissements requis sont abyssaux.
Le choix de N’Djamena de défendre mordicus la troisième option s’explique avant tout par une stricte logique d’optimisation budgétaire. Avec un coût global estimé à 2 988 milliards de francs CFA, le tracé sud représente une économie de près de 2 000 milliards de FCFA par rapport aux deux autres variantes.
Pour le Tchad, pays enclavé, ce projet de chemin de fer est une infrastructure vitale pour sécuriser son accès au golfe de Guinée via le port de Douala ou de Kribi. Toutefois, l’administration tchadienne refuse de voir sa dette souveraine exploser pour un tracé qui ne maximiserait pas ses intérêts directs.
Les discussions au sein du comité inter-États s’annoncent particulièrement serrées dans les prochaines semaines, pour harmoniser les positions, alors que les bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale, BAD) conditionnent leur entrée au capital à une signature conjointe et sans équivoque des deux chefs d’État.
Peter Kum
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