
La route nationale a été le théâtre d’une nouvelle frayeur sécuritaire, ce lundi 15 juin 2026. Un autobus de la compagnie de transport interurbain « Mondial Express », qui assurait la liaison entre Buéa (chef-lieu de la région du Sud-Ouest) et la métropole économique Douala, a essuyé des tirs nourris de combattants séparatistes au niveau de la localité de Mutenguene.
L’attaque, d’une grande violence, n’a heureusement pas fait de victimes directes grâce aux réflexes exceptionnels du conducteur. Cette embuscade s’inscrit en ligne droite dans la stratégie de terreur imposée par les groupes armés ambazoniens dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO).
Les assaillants reprochaient à la compagnie et au conducteur de violer le mot d’ordre traditionnel de « Ghost Town » (villes – mortes), qui paralyse l’activité économique chaque lundi sous peine de représailles sanglantes.
Postés en embuscade sur un point stratégique de l’axe routier, les rebelles ont ouvert le feu directement sur le véhicule pour contraindre le chauffeur à s’arrêter et paralyser le trafic.
Devant l’imminence du danger et face au crépitement des armes automatiques, le conducteur de Mondial Express a fait le choix de la survie collective en refusant de stopper son véhicule.
Manœuvrant le bus de voyage avec une agilité digne d’un pilote de course, le chauffeur a accéléré à travers les tirs, réussissant à forcer le barrage de fortune et à extirper ses passagers de la zone de mort. Le sang-froid et la trajectoire offensive du conducteur ont permis de mettre le bus hors de portée des assaillants en quelques minutes.
Le véhicule, marqué par plusieurs impacts de projectiles, a pu poursuivre sa course vers une zone sécurisée. Cette nouvelle attaque remet en lumière le risque quotidien couru par les agences de voyages et les usagers de la route dans le NOSO, où le respect forcé des villes-mortes reste un enjeu de vie ou de mort chaque début de semaine.
Peter Kum
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