Cameroun – Justice populaire dans la Menoua : Le Chef traditionnel de Baloum interpellé.


  • Direct Info
  • 15 juin 2026

La justice républicaine s’abat sur la cour royale de Baloum. À la suite d’un acte de justice populaire d’une extrême barbarie, les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation du chef traditionnel de ce village de la région de l’Ouest, ainsi que de plusieurs de ses administrés.

L’autorité traditionnelle est formellement accusée d’avoir ordonné et supervisé l’exécution par le feu d’un jeune homme, au mépris total des lois de la République et des règles régissant les tribunaux coutumiers.

Le drame, dont les images insoutenables ont rapidement fuité sur les réseaux sociaux, met en lumière un dysfonctionnement grave des instances traditionnelles locales.

Le jeune homme était ciblé par la clameur publique de quelques villageois, qui l’accusaient de vol. Alors que la victime proclamait son innocence, le chef traditionnel n’a initié aucune procédure de vérification, de confrontation, ou d’audition des témoins, violant le protocole d’équité du tribunal coutumier qu’il est censé incarner.

Témoignant d’une indifférence totale, l’autorité traditionnelle aurait, selon les éléments de l’enquête et les témoignages visuels, ordonné la mise à mort de la victime. Le jeune homme a été brûlé vif au sein même de la cour royale.

Face à la diffusion de la vidéo de la mise à mort et à la gravité exceptionnelle du crime, les autorités administratives et judiciaires de la Menoua ont immédiatement ordonné une action coup de poing, pour restaurer l’ordre légal.

L’interpellation du chef traditionnel marque le point de départ d’une procédure pénale d’envergure. Les forces de sécurité mènent des investigations pour identifier, localiser et arrêter l’ensemble des exécutants et complices de ce lynchage public.

Les parquets rappellent régulièrement que la justice populaire constitue un crime grave au regard du code pénal camerounais. En dépit de leur statut de gardiens des us et coutumes, les chefs traditionnels demeurent des auxiliaires de l’administration soumis aux lois de l’État, et ne disposent d’aucun droit de vie ou de mort sur leurs concitoyens. Les suspects devront répondre de leurs actes devant les tribunaux de la République.

Peter Kum

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