
Face à une cinquantaine de cas suspects signalés dans les districts de Fotokol, Makary et Mada, les volontaires de la Croix-Rouge camerounaise se déploient en urgence dans les villages reculés, pour désinfecter les points d’eau et sensibiliser les communautés.
Le spectre du choléra plane à nouveau de manière inquiétante sur la région de l’Extrême-Nord. Une menace sérieuse d’épidémie est actuellement signalée dans le département du Logone-et-Chari, où la situation sanitaire se dégrade rapidement dans plusieurs localités excentrées.
Le premier bilan provisoire fait état d’une cinquantaine de cas suspects notifiés et d’une dizaine de décès, illustrant la virulence et la vitesse de propagation de la maladie hydrique.
Trois districts de santé en état d’alerte maximum. La recrudescence des cas se concentre principalement dans trois districts sanitaires majeurs, particulièrement vulnérables en raison de leur proximité frontalière et de l’accès limité à l’eau potable. Il s’agit de district de Fotokol, district de Makary et du district de Mada.
La Croix-Rouge camerounaise est en première ligne de la riposte. Face à cette urgence, les volontaires communautaires de la Croix-Rouge Camerounaise se sont immédiatement mobilisés pour faire barrière à la bactérie. Leurs équipes sillonnent actuellement les villages les plus enclavés pour mener des actions de riposte concrètes.
Ces équipes effectuent la désinfection systématique des puits à ciel ouvert, qui constituent malheureusement les uniques sources d’approvisionnement en eau pour des milliers de villageois dans ces zones reculées.
Il ya des campagnes de proximité sur les règles d’hygiène de base (lavage des mains, traitement de l’eau avant consommation, gestion des latrines) et la détection précoce des personnes présentant des symptômes (diarrhées aqueuses, vomissements) et orientation immédiate vers les centres de santé les plus proches pour une prise en charge rapide.
Le choléra est une infection diarrhéique aiguë hautement contagieuse, mais évitable. En cette période de crise, il est fortement recommandé aux populations de consommer de l’eau potable ou bouillie, de cuire les aliments à cœur, et de laver rigoureusement les fruits et légumes. Devant tout cas de diarrhée suspecte, l’accès rapide aux soins reste le seul moyen d’éviter une déshydratation mortelle.
Peter Kum
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