Lac Tchad : Boko Haram : 35 pêcheurs libérés après paiement d’une rançon de près de 3 millions de FCFA.


  • Direct Info
  • 29 juin 2026

Détenus sur l’île de Filin Bado, les otages sont rentrés sains et saufs à Darak. Les terroristes tentent désormais d’instaurer une « taxe de pêche » obligatoire pour toutes les pirogues de la zone.

Un dénouement teinté d’inquiétude pour les communautés halieutiques du Logone-et-Chari.

Entre la nuit de samedi et la matinée du dimanche 28 juin 2026, 35 pêcheurs camerounais ont recouvré la liberté après plusieurs jours de captivité entre les mains de la faction terroriste Boko Haram. Les ex-otages sont retournés sains et saufs auprès de leurs proches dans la localité de Darak.

Cette libération massive n’est pas le fruit d’une opération militaire, mais d’une transaction financière imposée aux familles des victimes. Pour revoir les leurs vivants, les proches des pêcheurs ont dû mobiliser une enveloppe globale estimée à environ 2 700 000 FCFA.

D’après les premiers témoignages recueillis à leur retour, les 35 pêcheurs étaient coupés du monde et séquestrés dans la zone de Filin Bado, l’une des innombrables îles marécageuses et d’accès difficile qui parsèment le lit du lac Tchad et servent de sanctuaires aux insurgés.

Au-delà de cette libération, les déclarations des rescapés mettent en lumière une nouvelle stratégie d’extinction économique développée par Boko Haram pour financer ses activités criminelles. Les terroristes exigent désormais un droit de passage et d’exploitation pour toute activité sur le lac.

Tout pêcheur refusant ou incapable de s’acquitter de cet impôt forcé s’expose à des enlèvements systématiques, à la confiscation de son matériel de travail ou à des exécutions sommaires.

Cette situation démontre que Boko Haram, bien qu’affaibli militairement par la Force Mixte Multinationale (FMM), conserve une forte capacité de nuisance asymétrique. En ciblant l’économie de la pêche — principal moyen de subsistance dans l’arrondissement de Darak —, le groupe cherche à créer une économie de guerre parallèle. Pour les autorités camerounaises, le défi ne sera pas seulement de sécuriser les villages, mais de patrouiller efficacement les eaux et les îles du lac pour libérer les voies navigables de ce racket permanent.

Peter Kum

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