
À l’âge de 76 ans. L’ancien directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) s’est éteint le samedi 15 août 2026, six mois seulement après avoir recouvré la liberté, au terme de deux décennies passées en détention dans le cadre de l’opération Épervier.
Nommé à la tête du FEICOM, Emmanuel Gérard Ondo Ndong avait été démis de ses fonctions le 11 novembre 2005. Quelques mois plus tard, en février 2006, il était arrêté à son domicile de Yaoundé. Il était poursuivi pour des faits de détournement de deniers publics portant sur plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.
Son dossier judiciaire devient alors l’un des plus emblématiques de l’opération Épervier, vaste campagne de lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics engagée au Cameroun. Condamné dans un premier temps à une lourde peine de prison, sa condamnation a ensuite fait l’objet de plusieurs évolutions au cours de la procédure. Il aura finalement passé environ vingt ans derrière les barreaux.
Le 21 février dernier, Emmanuel Gérard Ondo Ndong sortait de prison, après avoir purgé sa peine. Son retour auprès des siens avait été marqué par un accueil familial chaleureux.
À sa sortie, l’ancien patron du FEICOM avait notamment évoqué les années passées en détention et exprimé sa gratitude envers Dieu pour lui avoir permis de traverser cette épreuve. Il avait également remercié le chef de l’État pour avoir veillé, selon ses déclarations, à l’organisation des obsèques de sa mère alors qu’il était encore détenu.
Cette libération avait ravivé les débats autour de l’opération Épervier et du sort réservé à plusieurs anciens hauts responsables condamnés pour des affaires de corruption. Selon les informations rapportées par plusieurs médias camerounais, son état de santé était fragile après ces longues années de détention.
Avec sa mort, disparaît l’une des figures associées aux premières grandes affaires judiciaires de l’opération Épervier. Son parcours, marqué par son passage à la tête du FEICOM, une longue procédure judiciaire, vingt années de détention, puis une libération en février 2026, restera lié à l’histoire récente de la lutte contre la corruption au Cameroun.
Natacha Mbarga
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