
La région de l’Extrême-Nord est à nouveau endeuillée par la terreur. Yaya Mazou, un chauffeur de transport interurbain chevronné et figure familière de la région, a été froidement assassiné par des éléments du groupe terroriste Boko Haram sur la route reliant Doublé à Amchidé, non loin de la frontière avec le Nigeria.
Selon les informations recueillies, l’attaque meurtrière s’est déroulée ce mercredi 7 octobre 2026. Alors qu’il effectuait son trajet habituel, au volant de son mini-bus de marque Toyota Hiace, pour le compte de Tassa Banki. Yaya Mazou est alors tombé dans une embuscade tendue par des assaillants armés de Boko Haram.
Si les premiers signalements évoquaient un drame sur l’axe Banki – Amchidé, les précisions apportées par les riverains situent l’attaque sur le tronçon reliant la localité de Doublé à Amchidé, à environ 7 kilomètres de cette dernière. Cet itinéraire, très emprunté par les commerçants et les transporteurs entre Maroua et Banki, demeure une zone à haut risque en raison des incursions sporadiques des groupes armés.
À Maroua, où le défunt résidait, la nouvelle de sa disparition a provoqué une vague d’émotion et de consternation.
Voisin attentionné, Yaya Mazou habitait le quartier Dougoï, juste en face du commissariat de police du 3ᵉ arrondissement. Il était également une figure emblématique de l’ancienne gare routière de la localité, où il passait la majeure partie de son temps libre, entre deux trajets.
Surnommé affectueusement « Shehu », par ses intimes, cet ancien chauffeur de la compagnie Danay Express, laisse le souvenir d’un homme intègre, professionnel et d’une grande gentillesse.
« Yaya était un chauffeur extrêmement honnête. Je ne l’ai jamais vu se disputer avec qui que ce soit. Je garde en mémoire son sens de l’humour, nos plaisanteries et sa joie de vivre », témoigne avec émotion un proche résidant dans son quartier. Un autre ami d’enfance, avec qui il a fréquenté l’école coranique, déplore des « crimes gratuits et impunis », qui continuent de faucher des vies innocentes.
Le chauffeur était également bien connu des riverains, le long de son trajet quotidien. « À chaque fois qu’il passait devant chez moi avec son bus, en allant, ou en revenant de Banki, il n’oubliait jamais de klaxonner sur l’axe Abattoir – Carrefour Prison », se rappelle un habitant du secteur.
Au sein de la communauté, la douleur s’accompagne d’un sentiment de regret poignant chez ceux qui l’ont croisé quelques heures seulement avant le drame. « Il y a quelques jours, je le croisais en moto alors qu’il était en panne. Il a crié mon nom, mais j’étais pressé et je lui ai juste fait un signe de la main. Hier, quand j’ai vu ce corps déposé près de la mosquée, je ne pouvais pas imaginer que c’était lui », confie un proche, dévasté par la tragédie.
Les obsèques et la prière mortuaire se sont déroulées dans le recueillement à Maroua, en présence de sa famille, de ses collègues chauffeurs et de nombreux voisins.
Alors que les prières et les condoléances affluent pour accompagner sa mémoire, les habitants de la région appellent à une vigilance accrue sur ces axes routiers vulnérables et espèrent que justice sera rendue face à cet acte crapuleux.
Peter Kum
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