
À l’occasion de la journée internationale consacrée à la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, la présidente nationale du SNJC a associé, le 2 novembre 2026, soutien à un confrère poursuivi en justice et plaidoyer pour l’établissement des responsabilités dans les affaires de violences contre les professionnels des médias.

La solidarité professionnelle et l’exigence de justice ont marqué la mobilisation du Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC), ce lundi 2 novembre 2026 à Douala. À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, Marion Obam a appelé ses confrères à rester mobilisés face aux menaces qui pèsent sur l’exercice du métier.
La journée a débuté à 10 heures au Tribunal de première instance de Bonanjo, où le syndicat a appelé les journalistes à se rassembler en soutien à leur confrère Magic Ngoko, à l’occasion de l’audience de délibéré dans son procès. Une mobilisation placée sous le signe de la solidarité professionnelle, avant une conférence de presse organisée à 12 heures à l’Institut français du Cameroun (IFC).
Face aux journalistes, la présidente nationale du SNJC a remis au centre des préoccupations la question de l’impunité des crimes visant les professionnels des médias. Bibi Ngota, Jules Koum Koum, Samuel Wazizi et Martinez Zogo figurent parmi les affaires qui continuent de susciter des interrogations sur l’établissement des responsabilités et le traitement judiciaire des dossiers.

Pour Marion Obam, la recherche de la vérité ne doit pas s’arrêter aux auteurs matériels. Elle doit également permettre d’identifier les éventuels commanditaires et complices afin que toutes les responsabilités soient établies. Le dossier Martinez Zogo demeure notamment emblématique de cette exigence. L’assassinat du journaliste, en janvier 2023, avait suscité une vive émotion et placé la question de la justice au cœur du débat public. Le SNJC reste attentif à l’évolution de la procédure devant le tribunal militaire.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte international préoccupant. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) fait état de 15 professionnels des médias tués dans le monde depuis le début de l’année 2026. L’UNESCO relève, pour sa part, que 86 % des assassinats de journalistes restent sans résolution judiciaire. Des chiffres qui rappellent que la protection des journalistes passe aussi par la poursuite effective des auteurs de violences.
À travers le thème « Les menaces évoluent. L’impunité demeure », cette édition met en lumière la persistance des dangers auxquels sont confrontés les professionnels de l’information, malgré l’évolution des formes de menace.
Le SNJC réclame une justice indépendante, impartiale et diligente, des réparations pour les familles des victimes ainsi que des mécanismes de protection plus efficaces. Pour Marion Obam, la lutte contre l’impunité ne relève pas seulement de la défense des intérêts des journalistes. Elle engage également le droit des citoyens à une information libre et crédible.
Natacha Mbarga
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