
À l’occasion de son Assemblée générale, tenue le 3 novembre 2026 à Douala, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), a honoré l’avocate de 81 ans, pour son rôle dans sa création et son engagement en faveur des libertés fondamentales.

Un hommage qui prend une résonance particulière au regard des épreuves récemment traversées par l’organisation.
Il y a des distinctions qui récompensent un parcours, et d’autres qui racontent une histoire. Celle remise à Maître Alice Nkom par le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) appartient aux deux catégories. Le mardi 3 novembre 2026, à Douala, l’organisation a tenu à saluer celle qui a accompagné ses premiers pas et contribué à poser les bases de son action en faveur des droits humains.

À 81 ans, l’avocate n’a pas caché son émotion en évoquant les débuts de cette aventure. « J’étais là, au début », a-t-elle rappelé, en faisant référence à son engagement aux côtés de Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du REDHAC. Voir le réseau poursuivre son action malgré les difficultés est, pour elle, un motif de satisfaction.
Cette reconnaissance renvoie aussi à un parcours professionnel singulier. Première femme francophone admise au barreau du Cameroun en 1969, Maître Alice Nkom a consacré une grande partie de sa carrière à la défense des libertés et des personnes marginalisées. Au fil des années, elle s’est imposée comme une voix connue dans les débats sur les droits humains au Cameroun et en Afrique centrale.

L’hommage intervient dans une période particulièrement éprouvante pour le réseau. En décembre 2024, les activités du REDHAC avaient été suspendues et ses locaux mis sous scellés. Le différend judiciaire impliquant ses responsables a connu un développement le 21 septembre 2026.
Maître Alice Nkom a été relaxée du chef de rébellion, mais condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis pendant cinq ans pour bris de scellés, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA.
Maximilienne Ngo Mbe a, quant à elle, été relaxée de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés.
Revenant sur cette période, l’avocate a expliqué avoir voulu protéger la directrice exécutive et préserver le réseau. « J’ai préféré prendre les balles à sa place », a-t-elle déclaré. Une formule qui traduit la place qu’elle dit avoir voulu occuper dans cette épreuve.
Mais Maître Alice Nkom ne s’est pas limitée au souvenir des combats passés. Elle a également insisté sur l’avenir du REDHAC et la nécessité de préparer les jeunes générations à prendre le relais. Pour elle, l’expérience acquise au fil des années doit être transmise afin que l’engagement en faveur des droits humains ne repose pas uniquement sur ceux qui en ont posé les premières pierres.
« Les lianes plient, mais ne rompent jamais », a-t-elle lancé pour illustrer sa conviction. Une image qui résume l’esprit de cette rencontre : reconnaître ceux qui ont contribué à bâtir le réseau, mesurer le chemin parcouru et préparer ceux qui auront la responsabilité de poursuivre le combat.
Natacha Mbarga
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