
Au lendemain de l’explosion survenue le 2 novembre 2026 dans cette unité industrielle de la zone de Douala – Bassa, le Ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a ordonné l’arrêt des activités et la mise sous scellés du site.

La reconstruction d’une nouvelle usine, sous la supervision du Commissariat national des inspections, est désormais présentée comme une condition à sa réouverture.
À la suite de l’explosion suivie d’un incendie survenu le 2 novembre 2026 dans les installations de Metafrique Steel, à Douala-Bassa, les autorités ont décidé de mettre l’entreprise à l’arrêt.
La mesure a été annoncée le 3 novembre par le Ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, le Pr Fuh Calistus Gentry, au terme d’une visite d’évaluation sur le site.
Accompagné du Gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, du Préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, ainsi que des responsables des services compétents, le membre du gouvernement a procédé à une inspection des installations endommagées avant de tenir une réunion avec les responsables de l’entreprise. La décision de mise sous scellés vise notamment à permettre le déroulement des investigations dans des conditions appropriées.
La réouverture de l’usine est toutefois soumise à une exigence supplémentaire.
Selon les déclarations du Ministre, Metafrique Steel devra procéder à la reconstruction d’une nouvelle unité industrielle, sous la supervision du Commissariat national des inspections, avant toute reprise de ses activités. Une enquête technique et administrative doit également permettre de déterminer les circonstances de l’accident et d’examiner le respect des prescriptions de sécurité.
Le drame du 2 novembre a provoqué d’importants dégâts matériels, notamment la destruction d’un four industriel. Le bilan humain s’est également alourdi. Après quatre décès enregistrés sur le site, un cinquième travailleur a succombé à ses blessures à l’hôpital. Seize blessés avaient été pris en charge à l’Hôpital général de Douala.
Toutefois, l’incident relance la question du contrôle des installations métallurgiques et des procédés de fabrication de l’acier au Cameroun. Le ministre a notamment soulevé les limites du recours à la ferraille de récupération dans la production des billettes. Il a plaidé pour une meilleure maîtrise des procédés industriels et une valorisation accrue des ressources minières nationales.
En outre , Fuh Calistus Gentry a encouragé les entreprises du secteur, notamment Prometal, Foku et Acero, à s’orienter vers une chaîne de transformation intégrée, allant de l’extraction du minerai de fer à la production de billettes, puis d’articles finis. Le Cameroun disposerait, selon les indications avancées par le ministre, de ressources en minerai de fer présentant des teneurs de 60 à 64 %. Cette orientation vise à renforcer la transformation locale et à réduire la dépendance aux matières premières de récupération.
La question des conditions de travail dans les unités industrielles a également été abordée. Interpellé sur les rémunérations de certains ingénieurs, évoquées à hauteur de 3 500 FCFA par jour, le ministre a rappelé que les cahiers des charges des entreprises prévoient des obligations relatives au Code du travail, aux salaires et au contenu local. Il a insisté sur la nécessité pour les administrations compétentes de veiller à leur application effective.
Pour le gouvernement, la situation de Metafrique Steel constitue ainsi un signal adressé à l’ensemble des opérateurs industriels. La sécurité des installations, la protection des travailleurs et le respect des normes doivent accompagner le développement de la production nationale. À Douala-Bassa, la suite des investigations et le respect des mesures prescrites seront déterminants pour l’avenir de cette unité industrielle.
Natacha Mbarga
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