
La session du Comité de suivi du contrat de partenariat public-privé portant sur le financement, la conception, la construction partielle, l’exploitation et la maintenance de l’autoroute Kribi – Lolabé, présidée ce 18 septembre 2026 par le Ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a permis de faire le point sur l’exploitation de l’infrastructure, les loyers, les audits en cours et l’évolution des discussions autour du projet d’avenant au contrat de partenariat public-privé.

Réunis autour du Ministre des Travaux publics (Mintp), les membres du Comité de suivi, ainsi que les différentes administrations et parties prenantes concernées, ont examiné les principaux paramètres de fonctionnement de cette infrastructure autoroutière, en mettant particulièrement l’accent sur l’équilibre économique du contrat.

Selon Ndé Victor Chi, Directeur des études techniques routières et d’ouvrages d’art au MINTP : « Les travaux de construction de l’autoroute sont achevés depuis 2022. L’infrastructure est donc entrée, depuis lors, dans sa phase d’exploitation et de gestion. Des évaluations régulières sont menées entre les parties publique et privée, afin d’apprécier les conditions d’exploitation et les résultats enregistrés. On s’est rendu compte que les recettes attendues ne sont pas celles collectées. Celles-ci se situent à environ 25 % des prévisions initiales, dans un contexte marqué par un trafic inférieur aux hypothèses de départ ».
Au 15 septembre 2026 par exemple, l’autoroute Kribi – Lolabé avait enregistré un trafic cumulé de 870 598 véhicules, contre 3 482 392 véhicules prévus dans les hypothèses contractuelles.

Dans son propos introductif, le Ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a fait savoir que : » Plusieurs facteurs expliquent l’écart entre les hypothèses initiales et la situation observée. Nous avons entre autres, l’occupation lente de la zone industrielle de Kribi, le retard dans l’achèvement de certains travaux au Port autonome de Kribi, l’absence de certaines activités minières initialement envisagées, ainsi que les limites actuelles de la connectivité routière et de l’approvisionnement en électricité « .
Dans le cadre des discussions engagées entre les parties, une proposition publique avait été formulée autour d’un budget mensuel de 115,8 millions de FCFA HT. Le partenaire privé avait toutefois indiqué qu’un tel niveau de financement ne permettrait d’assurer que les activités essentielles liées à la gestion des postes de péage.
Plusieurs prestations seraient ainsi limitées, notamment les patrouilles, la maintenance des dispositifs de sécurité et de signalisation, le dépannage, les interventions d’urgence, le nettoyage et le débroussaillage.

Face à cette situation, l’une des principales recommandations formulées concerne l’adaptation des charges d’exploitation au trafic réellement enregistré. En sus, Ndé Victor Chi précise , sur les 12 postes de péage prévus initialement, seuls deux ou trois sont actuellement ouverts, compte tenu du niveau de fréquentation. L’objectif est donc d’ajuster le dispositif d’exploitation aux réalités du trafic afin de réduire les charges et de rapprocher le montant du loyer des dépenses réellement engagées par l’exploitant. La révision du contrat doit ainsi permettre de mieux tenir compte des conditions réelles d’exploitation de l’autoroute.

La session a également permis de faire le point sur le loyer d’investissement, qui correspond au remboursement du préfinancement privé. Celui-ci s’élève à 66,6 milliards de FCFA TTC, répartis en 14 versements semestriels de 4,75 milliards de FCFA. À la date de la session, sept semestrialités avaient déjà été payées, pour un montant total de 33,3 milliards de FCFA, tandis qu’une nouvelle semestrialité de 4,75 milliards de FCFA était en cours d’engagement.
Au-delà des questions financières, le Comité de suivi s’est penché sur les problématiques liées à l’exploitation quotidienne de l’infrastructure et à la préservation de son emprise.

Le partenaire privé fait notamment état de constructions non autorisées, de dégradations répétées des glissières, des filets latéraux et des fossés, du déversement de déchets et de sédiments, du stationnement illégal, de la circulation en sens interdit, de la présence de piétons, ainsi que des dommages provoqués par les feux de brousse.
Natacha Mbarga
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