Cameroun – Boko Haram dans le Mayo-Tsanaga : Le cri de détresse des populations.


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  • 29 juin 2026

Dans une lettre ouverte poignante, datée du 28 juin 2026, Matthieu Kaldaoussa, représentant des déplacés internes de Koza, interpelle l’État et les élites locales face à la recrudescence des massacres terroristes de Boko Haram. Il déclare : « Nous enterrons chaque jour. Nous fuyons chaque jour ».

L’horreur a franchi un nouveau palier dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Dans la seule nuit du 27 au 28 juin 2026, le village de Houva, (situé non loin de Gouzda-Wayam), a été le théâtre d’une incursion barbare de Boko Haram : quatre personnes ont été lâchement égorgées. En l’espace de 24 heures, le bilan s’élève à cinq morts, entre Koza et Mayo-Moskota, sans compter de nombreux blessés graves, des concessions incendiées et des récoltes abandonnées.

Face à ce calvaire qui dure depuis plus de 12 ans, les fils et filles déplacés de Koza, Mayo-Moskota, Mokolo et des villages environnants brisent le silence à travers un manifeste poignant signé par leur représentant, Matthieu Kaldaoussa, victime en première ligne depuis 2014.

Le document décrit une situation d’asphyxie territoriale et sociale sans précédent. Les sanctuaires de repli s’effondrent les uns après les autres. Koza et Mayo-Moskota ne s’apparentent plus à des zones refuges sûres, la ville de Mokolo déborde sous le flux ininterrompu des familles en fuite. Les déplacés dorment à la belle étoile, sous les arbres ou s’entassent dans les écoles et chez des familles d’accueil déjà touchées par la pauvreté.

S’adressant directement aux ministres, députés, maires, autorités administratives et chefs traditionnels du Mayo-Tsanaga, les populations posent trois questions fondamentales, « le cœur en sang » : L’État nous reconnaît-il encore comme ses citoyens ? Face au sentiment d’abandon et à l’extinction progressive des villages de la frontière.

Où sont passés nos chefs et nos élus ? Rappelant qu’un peuple en souffrance ne doit jamais être ignoré par ceux qui le représentent.

À quand le retour de la paix et une assistance digne ? Pour mettre un terme au cycle quotidien des enterrements, de la faim et de la terreur.

Pour stopper l’hémorragie et redonner une chance à la survie de ces communautés, le manifeste formule trois exigences claires : le renforcement militaire immédiat : Une augmentation drastique des patrouilles et l’octroi de moyens logistiques supplémentaires au Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) et à la Gendarmerie Nationale dans le triangle critique : Mokolo, Koza, et Mayo-Moskota (notamment à Gouzda), l’exigence que les élites quittent les bureaux de la capitale pour venir constater de visu la réalité, parler aux veuves et aux orphelins, afin de co-construire les solutions et les signataires rappellent à ceux qui tentent de dissimuler la vérité que « le pouvoir appartient à Dieu » et que chacun devra rendre des comptes.

« Nous existons encore. Nous résistons. Nous crions jusqu’à ce que Dieu nous réponde, et jusqu’à ce que la République nous entende », conclut Matthieu Kaldaoussa au nom des milliers de déplacés du Mayo-Tsanaga. Un appel solennel qui résonne comme un avertissement urgent pour la conscience nationale et républicaine.

Peter Kum

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