
Face à la recrudescence des accidents sur les corridors interurbains, la Gendarmerie nationale hausse le ton. Le déploiement de la 136e phase de la 4e génération de l’opération de contrôle, de surveillance et de répression des infractions routières bat son plein dans la Troisième Région de Gendarmerie (RG3), avec un accent particulier sur les axes stratégiques reliant Guider, Ngong et Touboro.

Placée sous les instructions du Général de Brigade Raymond Boum Bissoue, Commandant de la RG3, et conduite sur le terrain par le Colonel Tchinda Henri, Commandant de la Légion de gendarmerie du Nord, cette nouvelle génération d’opérations marque un tournant stratégique. Contrairement aux trois vagues précédentes pilotées par des échelons centraux, ce sont désormais les commandants de pelotons routiers motorisés (PRM) qui endossent la responsabilité directe des contrôles sur le terrain.

Sur les axes routiers, les sanctions tombent sans délai. Interrogé lors d’une opération de contrôle de routine, le Colonel Tchinda Henri a rappelé la règle d’airain appliquée face aux cas récurrents de surcharge constatés sur les véhicules de transport en commun : « Cela ne sert à rien de laisser aller un véhicule en surcharge. Le premier problème est sécuritaire, avec de nombreuses personnes qui perdent la vie dans des accidents ».
Consigne stricte est donc donnée de procéder au délestage systématique des passagers en trop, afin de contraindre les transporteurs à respecter la configuration initiale et la capacité autorisée par la carte grise.
Au-delà de la lutte contre la surcharge, les forces de l’ordre traquent l’indcipline au volant et le non-respect des mesures de protection élémentaires, à l’instar du port de la ceinture de sécurité à l’arrière. Les autorités rappellent qu’en cas de collision ou de freinage brusque, des passagers non attachés et entassés courent le risque d’être propulsés vers l’avant, alourdissant dramatiquement le bilan humain des accidents.

Si la région du Nord enregistre une part modérée des accidents à l’échelle nationale (environ 5 % à 8 % du volume global, loin derrière le trio de tête Centre-Littoral-Ouest), les autorités soulignent la gravité élevée des sinistres observés.
Selon les statistiques consolidées de la Délégation régionale des Transports, du 30e Groupement des Sapeurs-pompiers et de l’annuaire TRANSTAT, entre 200 et 350 interventions de secours par an (327 cas recensés en 2020 et 304 en 2021). Au moins 53 décès directs enregistrés sur une période de deux ans (2021-2022) pour près de 70 accidents mortels classés.
La Route Nationale N°1 (RN1), notamment le tronçon Ngaoundéré–Garoua à travers la falaise et le parc de la Bénoué, ainsi que l’axe Garoua–Figuil–Maroua, demeurent le théâtre de collisions frontales violentes impliquant des gros porteurs. En milieu urbain, le réseau routier de Garoua concentre également de nombreux points de vigilance.
À travers ces descentes à la fois musclées et pédagogiques, la Gendarmerie nationale entend durablement inverser la courbe de l’insécurité routière sur les grands axes du Septentrion.
Peter Kum
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