Cameroun – Économie circulaire : La FOCACO appelle à une mobilisation autour du plastique recyclé.


  • Direct Info
  • 22 juillet 2026

La lutte contre la pollution plastique était au cœur des échanges le 20 juillet 2026 à Douala.

Experts, industriels, représentants de la société civile et professionnels des médias se sont retrouvés, à l’initiative de la Fondation Camerounaise des Consommateurs (FOCACO), pour réfléchir à l’intégration de 30 % de plastique recyclé (R-PET) d’origine locale dans la fabrication des bouteilles en PET.

Présidée par Alphonse Ayissi Abena, la rencontre a réuni Dr Georges Edimo Mongory, économiste, Didier Yimkoua, expert environnementaliste, ainsi qu’Alex Koko A Dang, président du Syndicat national des journalistes indépendants du Cameroun (Synajic).
Les travaux ont porté entre autre sur l’application de l’arrêté conjoint MINMIDT/MINEPDED du 8 décembre 2025, qui rend obligatoire, à compter du 1er décembre 2026, l’incorporation d’au moins 30 % de PET recyclé d’origine locale dans les emballages plastiques.

Pour Alphonse Ayissi Abena, cette mesure constitue une avancée majeure dans la lutte contre la pollution plastique.  » Nous voulons que notre environnement respire et soit sain  ». Dans cet élan, il invite les pouvoirs publics à maintenir le calendrier fixé et à ne plus accorder de report à son entrée en vigueur.

Le président de la FOCACO s’est également inquiété du retard pris par certains industriels. Selon lui, plusieurs entreprises continuent de fabriquer leurs emballages à partir de résine vierge importée, alors que la réglementation les appelle à intégrer progressivement des matières recyclées.
L’organisation rappelle que près de 900 millions de bouteilles plastiques sont produites chaque année au Cameroun, soit 3,6 milliards en quatre ans. Pour ses responsables, le développement d’une filière locale de recyclage permettrait non seulement de réduire la pollution, mais aussi de créer des emplois verts, de soutenir l’économie nationale et de mieux valoriser les déchets plastiques.

Les médias ont été identifiés comme des acteurs clés de la réussite de cette transition.
Intervenant au cours de la conférence, Alex Koko A Dang a estimé que la réforme ne produira les effets attendus que si elle est comprise et acceptée par les populations. Pour le président du Synajic, les journalistes doivent servir de passerelle entre les institutions et les citoyens en expliquant les objectifs de la mesure et ses bénéfices pour le quotidien des Camerounais.

Il a ainsi appelé les professionnels des médias à se mobiliser autour de trois missions : sensibiliser les populations aux avantages du recyclage, assurer une veille sur la mise en œuvre de la réforme et accompagner le changement des comportements en matière de gestion des déchets plastiques.
Les échanges ont également mis en évidence le fait que cette transition s’inscrit dans une dynamique plus large observée dans plusieurs pays africains, où les initiatives en faveur de l’économie circulaire et de la réduction des déchets plastiques se multiplient.

En clôturant les travaux, les organisateurs ont renouvelé leur appel au gouvernement afin qu’il veille à l’application effective de l’arrêté du 8 décembre 2025. Ils ont également exhorté les industriels à accélérer leur transition vers le plastique recyclé et les médias à poursuivre leur travail de sensibilisation, afin que cette réforme contribue durablement à la protection de l’environnement au Cameroun.

Natacha Mbarga

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