
Quelques mois seulement après leur adhésion en grande pompe, d’anciens cadres du FSNC sont visés par une procédure disciplinaire, soulevant des interrogations sur la stabilité du jeune parti.
Le climat politique s’alourdit au sein du parti politique dénommé All Cameroonian Congress (ACC), dans la région de l’Extrême-Nord. La coordination régionale de cette jeune formation politique vient de rendre publique la suspension de quatre conseillers municipaux de la commune d’arrondissement de Maroua II.
Invoquant des « manquements graves » et la nécessité absolue de préserver la discipline interne, la direction locale du parti a ouvert une procédure disciplinaire à l’encontre de ces élus. Un coup de tonnerre politique, d’autant plus marquant que ces conseillers avaient rejoint les rangs de l’ACC il y a tout juste quelques mois.
Ces défections au profit de l’ACC, fondée par d’anciens cadres du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) à l’instar de Yerima Dewa, avaient pourtant été célébrées comme une victoire stratégique. L’arrivée de ces figures locales laissait présager une nouvelle dynamique d’implantation pour le parti dans la métropole de Maroua et, plus largement, dans toute la région.
Aujourd’hui, cette suspension brutale suscite l’étonnement des observateurs et relance les débats sur les tensions sous-jacentes qui traversent l’appareil politique local.
Si la direction de l’ACC s’est gardée de détailler publiquement la nature exacte des reproches formulés, plusieurs hypothèses circulent déjà dans les états-majors politiques de la région dont des désaccords sur la ligne politique et la gestion interne de la section régionale, des incompréhensions concernant la répartition des responsabilités accordées aux nouveaux entrants par rapport aux militants de la première heure et les frictions classiques liées aux difficultés d’organisation et de structuration d’une jeune formation politique.
Seules les conclusions officielles du conseil de discipline du parti permettront d’établir la réalité des griefs et de sceller le sort politique de ces quatre conseillers municipaux.
Cet épisode constitue le premier véritable test de cohésion pour l’ACC dans l’Extrême-Nord. Dans une région politiquement très disputée et hautement stratégique, la capacité du parti à gérer ses dissensions internes et à imposer une discipline sans se fragiliser sera déterminante pour la suite de son implantation territoriale.
Peter Kum
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