
Les coupures d’électricité freinent les activités économiques et de nombreuses localités restent encore privées d’un accès régulier à l’énergie. Face à ces difficultés, la première édition de la Foire internationale des énergies renouvelables en Afrique (FIERA) s’est ouverte le 29 octobre 2026 au Best Western Hotel de Douala.

L’événement entend rapprocher investisseurs, pouvoirs publics et porteurs de projets autour des solutions énergétiques durables.
Faire des énergies renouvelables un levier de développement économique et de coopération régionale. C’est l’ambition affichée par les promoteurs de la FIERA 2026, placée sous le thème : « Les énergies renouvelables pour l’indépendance énergétique de l’Afrique ».
Pour cette première édition, les échanges portent sur les investissements, les infrastructures et les technologies susceptibles d’améliorer l’accès à l’énergie sur le continent.

À l’ouverture des travaux, le délégué régional du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Youssoufa Hamadou, a rappelé le potentiel du Cameroun en ressources hydroélectriques, solaires et en biomasse. Il a également présenté plusieurs initiatives gouvernementales, notamment le programme d’électrification de 1 000 localités par systèmes solaires photovoltaïques, le développement des mini-réseaux verts et le Programme national de maîtrise de l’énergie (PROLEM).

Le responsable a par ailleurs évoqué les réformes envisagées pour améliorer le cadre réglementaire et faciliter les investissements dans le secteur. Parmi les perspectives figure le Compact énergétique du Cameroun, adopté en 2026 dans le cadre de l’initiative Mission 300. Cette feuille de route vise notamment un accès universel à l’électricité à l’horizon 2030 et une augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national.
Pour le promoteur de la foire, Ludovic Dassi, l’enjeu est autant économique que social. Les difficultés d’approvisionnement en électricité continuent de peser sur les entreprises, les PME, les agriculteurs et les collectivités territoriales. La FIERA se veut ainsi un cadre de rencontre entre les besoins du terrain et les solutions technologiques et financières disponibles.
Une ambition sous-régionale
Au-delà du Cameroun, Ludovic Dassi entend positionner la FIERA comme une plateforme de référence en Afrique centrale. Le promoteur mise sur les complémentarités énergétiques entre le Cameroun, le Tchad, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale pour encourager les investissements communs, le partage de compétences et le développement d’infrastructures interconnectées.
Le choix de Douala s’appuie sur le poids économique de la ville et sa position de carrefour sous-régional. La foire ambitionne d’y rapprocher industriels, collectivités territoriales, fournisseurs de technologies et investisseurs.
Sa programmation s’articule autour de cinq axes : la production énergétique, les réseaux et infrastructures, la gouvernance, le financement des projets ainsi que le capital humain et l’innovation. Conférences, ateliers techniques, rencontres d’affaires et journée des maires doivent favoriser l’émergence de partenariats.
Le promoteur a également invité la diaspora africaine à mettre ses compétences et ses réseaux au service du développement du continent, tout en encourageant les jeunes à investir dans la formation, l’innovation et l’entrepreneuriat.
À Douala, la FIERA entend ainsi faire du dialogue énergétique un point de départ pour des investissements concrets. La portée de cette première édition dépendra désormais de la capacité des participants à transformer les échanges en projets et en partenariats durables.
Natacha Mbarga
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