
Depuis sa mise en service en 2018, le Port de Kribi s’impose peu à peu comme un levier de compétitivité pour le commerce extérieur camerounais. Avec sa Zone industrielle portuaire intégrée, de plus de 4 000 hectares, cette cité balnéaire constitue un véritable hub logistique et industriel de référence dans le Golfe de Guinée.

L’ouverture officielle de la 10e édition du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat de Yaoundé (PROMOTE), ce 15 juin 2026, a donné l’occasion au Directeur général du Port Autonome de Kribi, Patrice Melom, de présenter au grand public les opportunités et avantages comparées de la zone industrielle de cette place portuaire de Kribi (KPIZ), dont il est par ailleurs Président du Conseil d’administration ; aux côtés du partenaire financier majeur, la Banque africaine de développement (BAD).
Malgré la qualité très peu reluisante de l’infrastructure routière qui dessert le Port autonome de Kribi, qui est pourtant un Port en eau profonde, couplée à la crise énergétique qui secoue la cité balnéaire de Kribi, le Port autonome de Kribi a réussi à s’imposer comme étant une passerelle incontournable pour les échanges entre le Cameroun et le monde, notamment depuis la mise en exploitation récente de son extension sur sa phase 2, qui est venue renforcer, avec ses infrastructures de pointe, sa compétitivité et ses performances commerciales.

En chiffres, le Port autonome de Kribi, c’est plus de 558 400 EVP traités actuellement. Une nette augmentation sur les 12,723 millions de tonnes de marchandises traitées en 2024, pour plus de 269 milliards de FCFA de recettes douanières générées. Il est aujourd’hui le premier port conteneurisé de la sous-région Afrique centrale. Et l’escale du MSC Türkiye, l’un des plus grands porte-conteneurs au monde, était alors venu confirmer que Kribi est effectivement branchée sur les grands corridors maritimes mondiaux.

Les atouts de la KPIZ
Selon les éclairages du Directeur Général de la Zone Industrielle Portuaire de Kribi (KPIZ), Yves Roger MELINGUI : « La Zone Industrielle Portuaire de Kribi, d’un investissement prévisionnel de plus de 521 milliards de FCFA, avec la Banque africaine de développement (BAD) comme tête de file des partenaires financiers du projet, avec entre 110 000 et 150 000 emplois projetés, représente un Partenariat Public-Privé (PPP) institutionnel équilibré, au service d’une ambition commune de faire de Kribi la référence en matière de hub logistique et industriel dans le Golfe de Guinée. Il est question ici pour la KPIZ, de développer une zone industrialo-portuaire moderne, compétitive et attractive, qui répond aux standards des meilleures plateformes internationales. En créant un environnement propice à l’implantation d’entreprises industrielles et logistiques de classe mondiale. Avec un guichet unique intégré, pour faciliter les procédures administratives, tandis que les services mutualisés (sécurité, maintenance, gestion des espaces communs), ainsi que la fourniture intégrée des services publics (eau, électricité, assainissement, télécommunications et gaz), garantissent un cadre d’exploitation moderne et adapté ».

Ainsi, la KPIZ combine à la fois, un Port en eaux profondes et une zone industrielle clé en main ; avec des terrains viabilisés, une logistique nouvelle génération, un guichet unique, l’énergie, l’eau et la sécurité. Tout pour réduire les coûts et accélérer les projets industriels. Les secteurs industriels ciblés ici sont entre autres l’agroalimentaire, les matériaux de construction, l’énergie et la logistique.
Sur le plan de la compétitivité, l’intégration physique entre la zone industrielle et le port en eaux profondes dans cette vision, permet de réduire substantiellement le temps et les coûts logistiques, en optimisant par la même occasion, les chaînes d’approvisionnement industrielles. Une véritable attraction pour les grands investisseurs du monde.

À l’occasion de ces échanges ouverts avec le public, le Directeur général du Port Autonome de Kribi, Patrice Melom a bien fait de préciser à l’assistance que : « La vision du Chef de l’État, Paul Biya, pour le Port de Kribi, formulée depuis son adresse à la nation de 2011, était bien claire. Faire de cette infrastructure, un hub économique majeur pour l’Afrique centrale et au-delà ».
Dans cette même dynamique, le représentant de la Banque africaine de développement, se montre beaucoup plus rassurant : » En décidant d’accompagner ce projet Kribi, Port industrial Zone, pour plus de 200 milliards de FCFA, nous y avons vu, un véritable programme transformateur et intégrateur pour le Cameroun, l’Afrique et le monde. En effet, c’est l’un des premiers projets industriels implanté à proximité d’un Port en eau profonde. Ce qui est un avantage comparatif essentiel pour les investisseurs. Voilà pourquoi la BAD a décidé d’accompagner le gouvernement du Cameroun dans l mise en oeuvre de ce projet. Depuis sa conception, jusqu’au financement, afin de rassurer davantage les investisseurs « .

Pour une plus grande autonomisation de la place portuaire de Kribi, le Directeur général, Patrice Melom, a annoncé la finalisation dans les prochains jours, du projet d’approvisionnement de 6000 m3 d’eau potable par jour, au Port ; ainsi que la production d’environ 400 MW d’électricité. En attendant le lancement imminent des travaux de construction de la route Édéa – Kribi, avec le concours financier de la BAD. Des réalisations concrètes, qui viendront booster davantage les performances de ce poumon central de l’économie camerounaise.
Samuel Bondjock.
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