
Du 5 au 6 octobre 2026, le Krystal Palace de Douala a accueilli la Semaine internationale de l’investisseur.

Organisée par la COSUMAF, la rencontre a réuni professionnels de la finance, investisseurs, étudiants et épargnants autour du thème « Investissez pour demain, protégez-vous dès aujourd’hui » . L’objectif savoir mieux faire connaître le marché financier régional et renforcer la protection des épargnants face aux nouvelles formes de fraude.
À Douala, les deux journées n’ont pas été faites que de panels et de présentations. Les participants ont aussi circulé dans les stands installés au sein de l’hôtel. Sociétés de gestion, sociétés de bourse et autres professionnels du marché y présentaient leurs activités et répondaient aux questions du public. Pour certains visiteurs, cette immersion permettait de découvrir un univers financier encore souvent perçu comme réservé aux initiés.
Le choix du thème n’est pas anodin. Avec la multiplication des offres de placement sur les réseaux sociaux, l’épargnant est désormais sollicité directement sur son téléphone. Promesses de rendements élevés, trading, cryptomonnaies ou investissements prétendument sans risque circulent en quelques clics.
La COSUMAF veut donc encourager les particuliers à mieux s’informer avant de placer leur argent.
Mais derrière la protection de l’épargne se trouve aussi une question économique. Le Cameroun dispose de ressources importantes qui circulent déjà dans les banques, les microfinances, les tontines et les services de monnaie électronique. Les chiffres présentés pendant la rencontre font état d’environ 51 millions de comptes de monnaie électronique et de près de 5 800 milliards de FCFA de transactions annuelles. Ces comptes ne correspondent pas à 51 millions de personnes, mais témoignent de l’importance des flux financiers numériques.
Une partie de cette épargne reste cependant éloignée du marché financier régional.
C’est précisément ce décalage que la COSUMAF veut réduire. Les instruments existent. Sociétés de gestion, sociétés de bourse et organismes de placement collectif permettent déjà aux particuliers d’accéder à différents produits financiers dans un cadre réglementé.
À fin 2025, les sociétés de gestion agréées administraient 1 434 milliards de FCFA. Le potentiel reste donc important, alors que la participation des particuliers au marché demeure limitée.
La visite des stands ont permis de rendre cette offre plus concrète. Plutôt que de parler uniquement de chiffres et de mécanismes boursiers, les professionnels ont expliqué leurs métiers, leurs produits et les conditions d’accès au marché. Une manière de rapprocher la finance du public et de montrer que l’investissement ne se limite pas aux grandes entreprises ou aux gros patrimoines.
Les nouvelles formes de fraude ont également occupé les échanges. Faux placements, systèmes pyramidaux, plateformes frauduleuses et deepfakes se multiplient sur les réseaux sociaux. Par conséquent, La COSUMAF appelle les épargnants à vérifier l’identité et l’agrément de l’opérateur avant tout placement et à mesurer les risques du produit proposé.
Les jeunes, très présents sur les plateformes numériques, constituent une cible privilégiée de cette sensibilisation. Ils représentent aussi une nouvelle génération d’investisseurs que le marché financier régional cherche à attirer.
Au terme des deux journées, l’ambition reste de rapprocher une épargne importante des instruments capables de financer les entreprises, les États et les projets de la CEMAC. Le message de la COSUMAF tient en trois mots : » Informez, vérifiez, décidez. »
Natacha Mbarga
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