Cameroun – Trafic d’ossements humains : Un réseau démantelé à Yaoundé.


  • Direct Info
  • 22 octobre 2026

C’est une affaire macabre qui met en lumière de sordides pratiques criminelles. Grâce à une descente minutieuse des éléments du Service de Recherches Judiciaires et de la Lutte contre le Grand Banditisme, de la Première Région de Gendarmerie (RG1) du Centre, un réseau de trafiquants d’ossements humains a été neutralisé. L’enquête, menée entre Yaoundé et la région du Nord, a permis d’interpeller deux individus.

L’affaire débute le 10 octobre 2026. Alerter par un renseignement faisant état de la présence suspecte d’un individu au quartier Ngousso, en possession d’un sac de voyage renfermant des restes humains, les gendarmes de la PRG se déploient immédiatement sur les lieux.

L’intervention rapide des pandores permet d’interpeller un suspect en flagrant délit, alors qu’il s’apprêtait à écouler sa marchandise auprès d’un redoutable dealer — ce dernier ayant réussi à prendre la fuite. Le sac contenant les ossements est saisi sur-le-champ.

Soumis à un interrogatoire serré, le principal suspect passe aux aveux. Il livre un récit glaçant : les ossements proviennent de l’exhumation du corps de son propre cousin, décédé deux ans plus tôt. Une profanation de sépulture commise dans un village situé à 8 kilomètres de la commune de Pitoa, dans le département de la Bénoué (région du Nord), avec la complicité de son frère.

Le trafiquant explique s’être ensuite rendu dans la capitale, Yaoundé, dans l’espoir de trouver des acheteurs potentiels pour solder le reste de sa macabre cargaison. Grâce à la coordination immédiate avec le Commandant de la Brigade de Gendarmerie de Pitoa, le second complice (son frère) est à son tour localisé et appréhendé, passant également aux aveux complets.

D’après les précisions apportées par le Lieutenant MBOUTOU ABESSOLO Claude, Chef du Bureau de Recherches Judiciaires de la PRG : « Le périple criminel du suspect avait débuté dans le grand Nord. Avant de rallier Yaoundé, le malfrat était parvenu à vendre la partie supérieure du squelette, pour la somme de 3 millions de francs CFA. La partie inférieure du squelette, transportée dans la capitale, devait également être cédée au même tarif ».

L’officier de gendarmerie a souligné un détail effarant sur l’utilisation de ces ossements : « ils sont généralement achetés par des réseaux de narcotrafiquants, pour la fabrication d’une drogue destructrice appelée « cailloux », vendue à environ 5 000 FCFA le gramme ».

Les deux mis en cause seront prochainement déférés devant le Tribunal de Grande Instance de la Bénoué à Garoua, où ils devront répondre de leurs actes criminels. Pendant ce temps, l’enquête ordonnée par les autorités se poursuit activement, afin de mettre hors d’état de nuire l’ensemble des ramifications de ce réseau mafieux.

Peter Kum

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