
Alors que le Gouvernement centrafricain prépare un nouveau réajustement à la hausse des prix des carburants à la pompe, (actuellement fixés à 1 050 FCFA pour le super et 1 250 FCFA pour le gasoil), une tribune signée par Steve Tangoa, Conseiller du Président de la République et Président du Conseil d’Administration de la SOCATRAF (Groupe AGL), remet en question la grille de lecture exclusivement internationale du problème. Selon l’analyse, cette surtaxation subie par les ménages et les entreprises découle prioritairement de l’abandon du modèle logistique multimodal historique, au profit d’un acheminement routier surcoûteux.

Pendant plusieurs décennies, le schéma d’approvisionnement pétrolier de la RCA reposait sur un équilibre complémentaire : 80 % des volumes importés transitaient par le fleuve Oubangui (voie fluviale Congo – Oubangui – Sangha), tandis que 20 % empruntaient le corridor routier reliant Limbé /Douala à Bangui (environ 1 515 km).
Selon Steve Tangoa, Conseiller du Président de la République et Président du Conseil d’Administration de la SOCATRAF (Groupe AGL), l’abandon progressif du fleuve au profit quasi exclusif de la route a inversé cette dynamique, entraînant des répercussions directes sur l’ensemble de la chaîne de valeur économique.
Le surcoût de l’acheminement routier se répercute sur le prix final à la pompe, générant une poussée inflationniste globale (transports, denrées alimentaires, coûts de production). La saturation du réseau routier par les camions-citernes accélère l’usure des chaussées. L’absence de stocks stratégiques constitués durant la période de navigabilité rend le pays vulnérable aux ruptures d’approvisionnement et aux queues interminables aux stations.

Pour réduire durablement le coût du carburant avant de recourir aux augmentations mécaniques à la pompe, l’analyse préconise la relance d’un plan d’investissement ciblé sur la navigabilité et la logistique fluviale dont la réhabilitation des installations portuaires et augmentation des capacités de stockage à travers le pays, la contractualisation à long terme des capacités de transport et organisation systématique des campagnes d’importation durant la période de haute navigabilité et la restauration de la route comme axe de sécurité et du fleuve comme moteur de compétitivité tarifaire.
Peter Kum
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