
Près de 100 militantes ont participé, le 4 novembre, à un atelier consacré à la transformation et à la conservation de la tomate. Une initiative locale qui entend donner un prolongement économique aux orientations du chef de l’État en faveur de l’autonomisation des femmes et des jeunes.

À Douala 5e, la commémoration du 44e anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême prend aussi une dimension économique. Deux jours avant le rendez-vous du 6 novembre, près d’une centaine de femmes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) ont pris part à une séance de formation sur la transformation de la tomate. L’objectif est concret : apprendre à mieux conserver un produit courant, limiter les pertes et, surtout, faire d’un savoir-faire domestique une possible source de revenus.
Organisée le 4 novembre 2026, la rencontre a porté sur les différentes étapes de préparation, de transformation et de pasteurisation de la tomate. Les participantes ont été initiées aux techniques permettant d’obtenir une purée ou une pâte de tomate et d’en prolonger la conservation. Selon les explications données pendant l’atelier, le produit ainsi transformé pourrait être conservé jusqu’à un an, sous réserve du respect des procédés enseignés.

L’initiative s’inscrit dans une démarche que la responsable de la section organisatrice, Mme Zogo, présente comme une réponse aux difficultés économiques rencontrées par les femmes. « Nous nous sommes engagés dans le combat contre la pauvreté et avons élaboré des programmes d’autonomisation de la femme, de telle manière qu’elle puisse se prendre en charge à travers les activités génératrices de revenus », explique-t-elle.
Au sein de la section, cette ambition ne repose pas uniquement sur la formation. Une mutuelle de solidarité a également été mise en place pour soutenir les initiatives économiques des militantes. D’après Mme Zogo, ce mécanisme a déjà permis à certaines commerçantes de renforcer leur fonds de roulement et à d’autres femmes, dépourvues de capital de départ, de lancer une activité.
La formation sur la tomate vient ainsi compléter un dispositif qui associe apprentissage pratique et appui financier.
Cette démarche trouve un écho dans les orientations formulées par Paul Biya lors de sa prestation de serment, le 6 novembre 2025.
Dans son discours d’investiture, le chef de l’État avait annoncé que la situation des femmes et des jeunes serait au cœur de son action pendant le septennat. Il avait notamment évoqué une meilleure responsabilisation de ces catégories, un accompagnement renforcé dans l’entrepreneuriat et l’auto-emploi, ainsi qu’un soutien financier accru aux métiers et activités exercés par les femmes et les jeunes filles.
À Douala 5e, les responsables de la section entendent donner une traduction locale à cette orientation. La transformation de la tomate peut sembler modeste au regard des grands enjeux économiques, mais elle répond à une préoccupation quotidienne : mieux valoriser les produits, acquérir une compétence et rechercher des revenus complémentaires.
L’enjeu sera désormais de permettre aux participantes de passer de l’apprentissage à une activité durable, avec des débouchés et des moyens de production adaptés.
À l’occasion de ce 44e anniversaire du Renouveau, la formation apparaît ainsi comme un outil de mobilisation politique, mais aussi comme une tentative de réponse aux attentes économiques des militantes. Reste à mesurer, dans la durée, les retombées de ces initiatives sur leurs revenus et leur autonomie.
Natacha Mbarga
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