
La quatrième édition du festival s’est achevée le 29 octobre 2026 à Douala, sur une note de célébration du savoir-faire local.

Pendant trois jours, créateurs, mannequins et passionnés de mode ont montré que cette tenue emblématique de la culture sawa a encore de belles pages à écrire.
Le Kaba Ngondo n’a pas fini de se réinventer. À l’hôtel Krystal Palace de Douala, la soirée du 29 octobre a marqué la fin de la quatrième édition de Kab’Attitude, organisée par l’Amicale des femmes Deido (AFED). Sur le podium, les étoffes, les coupes et les accessoires ont raconté une même histoire : celle d’un vêtement traditionnel qui traverse les générations sans renoncer à son identité.
Durant trois jours, du 27 au 29 octobre, le festival a fait dialoguer tradition et modernité sous le thème « Fashion Week Kab’Attitude – Back to Africa ». Expositions, présentations de créations et défilés ont permis au public de découvrir différentes façons de porter et de valoriser le kaba. L’enjeu était aussi de rappeler que ce vêtement ne se résume pas aux grandes cérémonies. Il peut trouver sa place dans les habitudes vestimentaires contemporaines, à condition de préserver ce qui fait sa singularité.
La soirée de clôture a particulièrement mis en lumière le travail des stylistes. Parmi les créateurs en compétition, Marie-Thérèse Manden, promotrice de MT Design, s’est imposée en remportant les trois distinctions en jeu. Avec cinq modèles présentés, elle a décroché le Prix du Kaba Ngondo, le Prix Kab’Attitude et le Graal, distinction du public. Une consécration qui récompense son travail de création et sa capacité à associer élégance, confort et identité culturelle.
Mais derrière les collections et les applaudissements, Kab’Attitude porte une ambition qui dépasse le podium. Pour l’AFED, il s’agit de maintenir vivant un héritage vestimentaire et de lui donner les moyens de traverser le temps. Cela passe par la transmission aux jeunes générations, la valorisation des artisans et l’accompagnement des créateurs qui contribuent à faire évoluer le kaba.
Cette volonté avait déjà été exprimée lors du plaidoyer organisé le 8 octobre autour du thème « Du vêtement de contrainte à l’armure de la dignité ». Les échanges avaient permis de revenir sur l’histoire du kaba, son appropriation par les femmes sawa et les perspectives de reconnaissance et de protection de ce patrimoine.

Au terme de cette quatrième édition, le message est clair : préserver une tradition ne signifie pas la figer. Le Kaba Ngondo peut changer de coupe, de matière et de présentation tout en conservant sa valeur culturelle. À Douala, Kab’Attitude aura ainsi rappelé que le patrimoine vit aussi dans les mains de ceux qui le créent, le portent et le transmettent.
Natacha Mbarga
Article précédent
Cameroun – Présidence de l’ONIGC : Suzanne Ngane en pôle position.
Laisser un commentaire