Cameroun – Polices municipales : Fin des exactions contre les citoyens sur la voie publique.


  • Direct Info
  • 5 novembre 2026

La circulaire signée le 21 octobre 2026, par le Ministre de la Décentralisation et du développement local, Georges Elanga Obam, dénonce les exactions perpétrées au quotidien par les agents de la Police municipale contre les citoyens sur la voie publique. Plaçant ainsi les Maires et les Préfets, face à leurs responsabilités.

Interpellations brutales, courses-poursuites, accidents graves : le Ministre de la Décentralisation et du développement local, dénonce les dérives de certains agents municipaux, notamment contre les motocyclistes.

Dans une lettre-circulaire du 21 octobre 2026, Georges Elanga Obam exige des sanctions et un encadrement strict de ces interventions.

Le constat vient du ministère chargé de leur tutelle. Dans une correspondance adressée aux Préfets, aux Maires de ville et aux Maires d’arrondissements, Georges Elanga Obam relève la récurrence d’interventions disproportionnées de certains agents chargés de la police municipale. Ces opérations ciblent régulièrement les usagers de la route, particulièrement les conducteurs de motocyclettes.

Ces interventions, marquées par un usage excessif de la force, perturbent la circulation et provoquent parfois des accidents graves, avec des atteintes à l’intégrité physique des usagers. L’existence de cette circulaire et sa date ont également été rapportées par Cameroon Tribune.

Le Ministre décrit aussi un problème d’identification et de contrôle : des agents se déploieraient sans encadrement suffisant, souvent sans uniforme permettant de les reconnaître formellement et sans lettre de mission. Une situation qu’il considère dangereuse pour la sécurité des populations et préjudiciable à l’image des Communes.

Les maires sont directement interpellés. La circulaire rappelle que ces personnels interviennent sous leur autorité et leur responsabilité. Elle leur demande de fournir des équipements réglementaires, de délivrer des lettres précisant l’objet et l’étendue des missions et, lorsque cela est nécessaire, de solliciter l’encadrement des forces de maintien de l’ordre auprès de l’autorité administrative compétente.

Le texte demande surtout de proscrire les interpellations brutales, les courses-poursuites et toute prise de risque mettant en danger les usagers.

Il exige également l’engagement, sans délai, de procédures disciplinaires et administratives contre les agents responsables de violences, d’exactions ou de voies de fait.

Cette mise en garde intervient plus de quatre ans après le décret du 9 août 2022 encadrant la police municipale. Son article 5 interdit déjà aux agents de se substituer aux forces de maintien de l’ordre et de recourir à la force contre la population, sous réserve de la légitime défense.

L’article 14 prévoit une possibilité de contrainte limitée aux biens, après autorisation de l’autorité administrative sur demande motivée du maire.

L’enjeu n’est donc pas seulement l’adoption de nouvelles consignes : il concerne l’application de règles existantes.

Les sanctions peuvent d’ailleurs dépasser les seuls agents. L’article 31 du décret permet au préfet de suspendre un service de police municipale pour un mois, éventuellement renouvelable, notamment lorsque des abus généralisés sont commis sans intervention du maire pour y mettre fin. Les agents fautifs s’exposent également à des sanctions disciplinaires et à des poursuites judiciaires.

Sur la route, les risques dénoncés s’inscrivent dans un contexte déjà préoccupant. Le profil camerounais du rapport mondial de l’Organisation mondiale de la santé sur la sécurité routière présente, pour 2021, 930 décès déclarés, contre 2 870 morts estimés par l’OMS, soit environ huit décès par jour. Cet écart entre bilan déclaré et estimation rappelle les limites du dénombrement des victimes. Ces chiffres concernent l’ensemble des accidents routiers : ils ne mesurent pas ceux liés aux interventions municipales.

Georges Elanga Obam charge enfin les Préfets de veiller à l’exécution des directives et de lui signaler les difficultés ou les manquements.

L’efficacité de ce rappel à l’ordre se mesurera désormais aux contrôles effectués, aux sanctions prononcées et à la protection effective des usagers.

Correspondance particulière.

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