
Dans une tribune libre datée du 2 août 2026, le journaliste scientifique, Engelbert Mboa, propose des pistes de réflexion au Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, pour une plus grande rigueur budgétaire.
Il est grand temps de réfléchir à la réduction du train de vie de l’État. Nous nous dirigeons vers un terrain dangereux qui pourrait freiner notre développement économique. Malgré les perspectives économiques préoccupantes, l’administration publique continue de fonctionner avec une certaine arrogance, comme si les ressources du pays étaient inépuisables.
Certes, des efforts sont faits par le Ministère des Finances pour limiter les sorties abusives de fonds publics, mais la réalité qui nous rattrape impose des restrictions que nous ne pouvons ignorer. N’adoptons pas une politique d’autruche : beaucoup savent où ça coince, mais peu osent en parler, craignant des représailles.
Dans le cadre du septennat en cours, il serait judicieux d’élaguer le budget de l’État, afin de supprimer les poches de dépenses qui n’apportent aucune valeur ajoutée à la croissance économique. Prenons, par exemple, les indemnités pour travaux spéciaux, dont le coût annuel est estimé à plusieurs milliards. Ces fonds profitaient principalement aux décideurs qui les attribuent arbitrairement. Pourquoi ne pas les intégrer directement comme primes dans les bulletins de salaires des fonctionnaires ? Cela augmenterait leur salaire de manière significative et renforcerait leur pouvoir d’achat.
Concernant les bons de carburant et de lubrifiant dans l’administration publique, à qui bénéficient-ils réellement ? Ils profitent souvent aux gestionnaires des crédits qui les distribuent selon leur bon vouloir, souvent à des personnes qui n’ont aucun lien avec le service. Pourquoi ne pas les considérer comme primes de transport et les inclure directement dans les salaires des fonctionnaires, en réservant ces avantages strictement au personnel de sécurité, sur la base de critères rigoureux ?
Une autre source de gaspillage concerne les missions fictives. Des audits internes ont systématiquement démontré que 80 % de ces missions, internes ou externes, sont inefficaces et ne créent aucune valeur ajoutée pour l’État. Il serait alors pertinent de professionnaliser l’administration en déployant des cadres qualifiés dans les régions, limitant ainsi les déplacements injustifiés sous prétexte de missions.
En ce qui concerne l’achat de mobilier de bureau, force est de constater que nos administrations importent des meubles de mauvaise qualité, dont la durée de vie ne dépasse pas deux ans. Ces frais pèsent lourd sur notre balance commerciale, exacerbe le déficit et impacte négativement nos devises. Pourquoi ne pas privilégier la production locale pour réduire les coûts et stimuler l’économie ?
En ce qui a trait à l’achat de matériel roulant, bien qu’un décret du Premier Ministre ait limité ces acquisitions, l’administration reste sur le record des véhicules neufs. Chaque responsable choisit le type de véhicule qu’il souhaite, entraînant des dépenses énormes. Pourquoi ne pas envisager la création d’une chaîne automobile locale et accorder des crédits auto aux fonctionnaires pour qu’ils prennent leurs responsabilités ?
De plus, certains événements, tels que la journée du 8 mars, les voeux de nouvelles années dans les administrations, le 1er mai et le 11 février voient un gaspillage budgétaire considérable dans des parades peu utiles, à l’image d’autres manifestations dont l’utilité est contestable. Les séminaires, symposiums et autres présences pléthoriques dans des postes diplomatiques à l’étranger soulèvent également des questions.
Enfin, les comités et certaines entités publiques existant uniquement grâce aux subventions de l’État doivent aussi être revus, car leur impact semble minimal. Pourquoi continuer à alimenter ces structures ?
La survie de l’État dépendra de l’orientation que nous lui donnerons. Il est temps de prendre des mesures concrètes pour assainir les finances publiques et garantir un avenir meilleur.
Engelbert Mboa, Journaliste – Scientifique
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