
Les autorités camerounaises intensifient la lutte contre le choléra dans la région de l’Extrême-Nord, où une nouvelle flambée épidémique a déjà fait dix morts.
Face à la recrudescence des cas dans le département du Logone-et-Chari, le gouvernement renforce la surveillance sanitaire, accélère les mesures de prévention et sollicite l’appui de ses partenaires pour contenir la propagation de la maladie.

Le gouvernement camerounais a renforcé son dispositif de riposte contre le choléra dans la région de l’Extrême-Nord. Le 03 juillet 2026 à Maroua, le Ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, a présidé une réunion d’évaluation avec le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari, ainsi que les responsables sanitaires locaux, afin d’apprécier l’évolution de la situation et d’arrêter de nouvelles mesures de riposte.
Selon le Délégué régional de la Santé publique, Hamadou Bava, 166 cas ont été enregistrés dans quatre districts de santé du département du Logone-et-Chari, avec dix décès déjà confirmés. Les enfants et adolescents âgés de 5 à 14 ans représentent la tranche d’âge la plus touchée. Plus préoccupant encore, plus de 60 % des patients arrivent dans les centres de santé à un stade avancé de la maladie, réduisant les chances d’une prise en charge rapide et efficace.

Les autorités sanitaires attribuent l’apparition des premiers cas à l’arrivée d’un malade en provenance du Nigeria.
Cette zone frontalière, caractérisée par une forte mobilité des populations, des échanges transfrontaliers permanents et un contexte sécuritaire fragile, demeure particulièrement exposée aux épidémies. Les difficultés d’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement constituent également des facteurs favorisant la transmission du choléra.
Pour freiner la propagation de la maladie, le gouvernement a décidé de renforcer la surveillance épidémiologique, d’intensifier les campagnes de sensibilisation sur les mesures d’hygiène et d’activer les mécanismes de gestion de crise. Une coordination sanitaire a également été engagée avec le Nigeria, le Tchad et la République centrafricaine afin de renforcer le contrôle aux frontières et de limiter les risques de propagation.
En parallèle, des opérations de désinfection ont déjà été lancées dans les formations sanitaires et les agences de transport du Logone-et-Chari. Le ministre de la Santé publique a également annoncé qu’une demande de vaccins oraux contre le choléra serait adressée aux partenaires internationaux afin de renforcer la réponse sanitaire.
Malgré ce bilan humain, les autorités se veulent rassurantes. Selon le ministre, les indicateurs disponibles montrent une tendance à la baisse de l’épidémie. Les équipes sanitaires restent toutefois mobilisées, la détection précoce des cas, l’accès rapide aux soins et le respect des règles d’hygiène étant considérés comme les principaux leviers pour éviter une extension de la maladie vers d’autres localités.
Cette nouvelle flambée rappelle la vulnérabilité persistante de l’Extrême-Nord face aux maladies hydriques. Depuis plusieurs années, cette région figure parmi les plus exposées aux épidémies de choléra en raison des défis liés à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement, aux déplacements de populations et à sa proximité avec des pays où des foyers épidémiques sont régulièrement signalés.
Natacha Mbarga
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