
Partie de la région du Nord-Cameroun vers l’État d’Adamawa au Nigéria, l’embarcation a chaviré en pleine nuit, lors d’une tempête. Les secours des deux pays poursuivent les recherches.
Un tragique accident fluvial endeuille une nouvelle fois la zone frontalière entre le Cameroun et le Nigeria. Dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet 2026, une pirogue de transport de marchandises et de personnes a chaviré dans les eaux territoriales camerounaises, sur le corridor reliant la ville de Garoua (Cameroun) à Yola (Nigeria).
Selon les premiers rapports confirmés par plusieurs sources concordantes, l’embarcation transportait à son bord plus de 50 passagers, principalement de nationalité nigériane.
Selon les témoignages recueillis sur place, deux facteurs majeurs expliquent cette catastrophe. Outre le nombre élevé de passagers, le bateau était lourdement chargé de matériaux de construction, notamment des tiges de fer, à destination du village de Dasin (zone de gouvernement local de Fufore, dans l’État d’Adamawa).
Les piroguiers auraient ignoré les mises en garde répétées des riverains, qui leur déconseillaient fortement d’effectuer cette traversée nocturne en raison d’une violente tempête qui s’annonçait sur la zone.
Prise dans la houle et alourdie par son chargement, la pirogue a fini par chavirer au milieu du fleuve.
Le bilan provisoire fait état d’au moins 20 à 30 personnes décédées ou portées disparues. À ce jour, au moins 18 corps ont été repêchés et inhumés selon les rites d’urgence à Wuro Boki (Fufore).
Plusieurs survivants ont pu être secourus vivants par des riverains et les secours avant d’être évacués vers les structures hospitalières les plus proches de la frontière.
Une vaste mission de recherche et de sauvetage réunit actuellement des plongeurs et des équipes de secours du Cameroun et du Nigeria pour tenter de retrouver les corps des disparus.
Ce nouveau drame remet en lumière la vulnérabilité du transport fluvial sur l’Axe Cameroun-Nigeria. Ces tragédies demeurent fréquentes en raison du non-respect récurrent des règles de sécurité : surcharge systématique des embarcations traditionnelles, absence de gilets de sauvetage, défaillance des éclairages et traversées nocturnes à haut risque en période de fortes pluies.
Les autorités administratives et sécuritaires des deux nations ont ouvert une enquête conjointe afin d’établir la chaîne des responsabilités dans ce sinistre.
Peter Kum
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