
Dans le cadre de la célébration de la 40ᵉ édition de la Journée mondiale de l’Habitat (JMH), un point de presse a été donné ce lundi 28 septembre 2026 au Cercle municipal de Maroua, par le Pr Mathurin NNA, Secrétaire général du ministère de l’habitat et du développement urbain, représentant personnel de Madame le Ministre Célestine Ketcha Courtès.

Face à la presse, le représentant du gouvernement a rappelé l’urgence d’intervenir dans un secteur sous haute pression démographique et spatiale.
Dans sa déclaration, le Pr NNA Mathurin précise que : « Selon les données d’ONU-HABITAT, l’Afrique enregistre une croissance urbaine la plus élevée au monde (soit 3,4 %). D’ici 2050, six Africains sur dix vivront en milieu urbain. Le Cameroun n’échappe pas à cette dynamique. Notre taux d’urbanisation a progressé de manière fulgurante, passant de 28,5 % en 1976 à près de 59,4 % en 2022 ».

Au cœur de cette croissance rapide, se pose avec acuité le défi de l’accès à un abri décent. Il rajoute d’ailleurs que : « Notre pays enregistre actuellement un déficit estimé à 2,5 millions d’unités de logements décents. Une demande supplémentaire de 100 000 à 120 000 unités chaque année est enregistrée. Selon la Stratégie Nationale de Développement (SND30), seuls 40,3 % de ménages vivent aujourd’hui dans des logements décents ».

Alors que le thème global retenu à l’échelle internationale s’intitule : « Un logement décent pour tous », le Cameroun a opté pour une déclinaison propre aux réalités nationales, en adoptant la thématique : « Un toit digne pour chaque famille, des villes durables inclusives, intelligentes et résilientes pour tous à l’aune du Septennat des Grandes Espérances ».

Cette feuille de route s’articule autour de quatre axes majeurs, à savoir, Garantir un droit fondamental au logement en remettant l’humain et la famille au centre ; faire face au changement climatique par une meilleure gestion des risques, l’assainissement et l’usage des matériaux locaux ; réduire la marginalisation et l’insécurité foncière des populations vulnérables et déplacées internes ; et enfin intégrer la technologie et l’Intelligence Artificielle (IA) dans la chaîne de production du bâtiment.

Après Bafoussam, Ebolowa, Garoua, Bertoua, Douala et Yaoundé, le choix de Maroua, pour abriter cette édition 2026, selon le Minhdu, répond à une ambition stratégique et culturelle forte. « La ville de Maroua est réputée dans toute l’Afrique centrale pour son marché des tanneurs, ses maroquineries artisanales et sa poterie. Ce riche patrimoine culturel devrait intéresser les urbanistes […] au moment où l’on s’accorde à reconnaître l’importance des solutions écologiques innovantes basées sur la nature » : a souligné le Pr NNA Mathurin.

La Semaine de l’Habitat à Maroua sera ponctuée par plusieurs temps forts, à la fois techniques, scientifiques et culturels, dont un dialogue public-privé de haut niveau sur la politique du logement et le « Cinéma Urbain », une innovation consistant à projeter chaque jour en plein air, des vidéos, reportages et documentaires axés sur la ville, le Village de l’Habitat, espace d’exposition des bonnes pratiques sur les BTP. Les journées gastronomiques, la grande Fantasia et le « Concours Villes Propres », organisé avec le soutien de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour récompenser la cité la plus propre du Cameroun, vont également marquer cette semaine de l’habitat.

Les travaux s’acheveront solennellement le lundi 5 octobre 2026 par l’adoption de la « Déclaration de Maroua sur le logement décent au Cameroun », scellant alors les engagements pris en vue de moderniser durablement le cadre de vie des populations de la cité capitale de la région de l’Extrême-Nord.
Peter Kum
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