
Une avancée décisive vient d’être franchie dans la restructuration globale de la prise en charge des urgences médicales au Cameroun.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’École des Sciences de la Santé de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (ESS-UCAC), ont procédé ce 28 septembre 2026 à la signature formelle d’un protocole d’accord stratégique à Yaoundé.

Cet acte institutionnel repose sur un constat épidémiologique critique, révélé lors de la cérémonie, à savoir que, plus de la moitié des décès survenant dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, sont pourtant évitables grâce à la mise en place de soins d’urgence à la fois accessibles et de qualité.
En officialisant ce partenariat, les deux institutions s’attaquent directement aux causes des mortalités évitables, pour renforcer durablement l’ensemble du système de santé national.

Cet accord répond précisément aux urgences opérationnelles et structurelles identifiées sur le terrain hospitalier camerounais. Avec un environnement de prise en charge fragilisé par la surcharge chronique des services, l’insuffisance des infrastructures, les ruptures fréquentes d’oxygène, de médicaments et d’équipements de réanimation, ainsi que d’importants délais d’accès aux soins définitifs et une faible coordination entre les communautés, le pré hospitalier et les formations sanitaires.

Face à ces défis majeurs et aux principales causes de mortalité au Cameroun, l’intégration des programmes de formation OMS sur les soins primaires d’urgence et les premiers secours communautaires dans le cursus académique de l’ESS-UCAC apporte une solution pérenne et concrète.

Chaque partie prenante trouve un intérêt hautement stratégique dans cet engagement conjoint. Pour l’OMS, cette signature concrétise son cadre d’intervention sur les soins d’urgence et garantit la pérennité de ses normes sanitaires grâce à un relais académique de référence. Pour l’ESS-UCAC, ce partenariat renforce l’excellence de ses enseignements en formant des professionnels aguerris, immédiatement opérationnels face aux situations de détresse vitale. Pour le Ministère de la Santé Publique et la KOICA, partenaires financiers et techniques majeurs de cette initiative planifiée sur la période 2025-2028, cette alliance assure la disponibilité continue d’un personnel qualifié sur toute l’étendue du territoire national.

Pour consacrer ce partenariat, la cérémonie a été marquée par la remise solennelle de certificats aux premiers formateurs et instructeurs certifiés BEC et CFAR. La délivrance de ces qualifications garantit la transmission rigoureuse et standardisée de ces gestes qui sauvent, au bénéfice des générations successives d’étudiants. En appui à cet enseignement théorique et pratique, un important don de matériel pédagogique de pointe a été remis à l’établissement. Le lot comprend des mannequins de simulation haute fidélité pour adultes, enfants et nourrissons, des bustes d’entraînement à la réanimation, ainsi que des équipements complets d’immobilisation et de transport préhospitalier incluant des planches spinales rigides, des civières cuillères et des brancards spécialisés. Cet appareillage permettra aux apprenants de se former dans des conditions réelles et de répondre efficacement aux exigences du terrain.
Rosine Yémélé
Article précédent
Laisser un commentaire