
Le Secrétaire Général du Ministère de la Santé Publique, le Pr Louis Richard Njock, a accordé ce mardi 7 juillet 2026, une audience cruciale à une délégation de haut niveau. Au cœur des échanges conduits par l’ONG FIS Cameroon et le réseau Draf TB, l’évaluation des investissements majeurs et la pérennisation de la réponse communautaire face à la tuberculose multi-résistante (TB-MR).

Le grand rendez-vous de la diplomatie sanitaire et de l’action communautaire s’est joué ce jour dans les locaux du Ministère de la Santé Publique (Minsanté), à Yaoundé.
En mission de haut niveau au Cameroun jusqu’au 10 juillet 2026, Mme Caoimhe Smith, représentante de Stop TB Partnership Geneva, accompagnée de Monsieur Bertrand Kampoer, Directeur Exécutif de l’ONG For Impacts in Social Health (FIS) Cameroon, par ailleurs coordonnateur de Draf TB, a jeté les bases d’une collaboration restructurée et résolument tournée vers l’horizon 2030.

Un partenariat historique aux chiffres éloquents.
Cette rencontre de haut niveau, facilitée par l’ONG FIS Cameroun au titre de sa convention-cadre avec le Minsante, a permis de faire le bilan d’un compagnonnage qui dure depuis 2007. Les chiffres mis sur la table témoignent de l’ampleur de l’engagement du partenaire mondial.
Le portefeuille de Stop TB Partnership au Cameroun s’articule aujourd’hui autour de leviers financiers et techniques massifs: 34 millions de dollars d’investissements injectés à travers le Global Drug Facility (GDF) pour l’approvisionnement en médicaments, couplés à environ 2 millions de dollars mobilisés via le Challenge Facility for Civil Society pour le soutien direct aux interventions communautaires.
« Stop TB a essentiellement contribué avec beaucoup d’emphase, juste après l’arrêt de certains financements en 2025. Nous avons encore reçu près de 2 millions de dollars supplémentaires pour renforcer les activités communautaires », a souligné Bertrand Kampoer, mettant en exergue le rôle de bouclier financier joué par le partenaire au moment où la riposte nationale menaçait de fléchir.

Cameroun : Laboratoire d’innovations mondiales.
Loin d’être un simple bénéficiaire passif, le Cameroun s’illustre désormais comme un véritable modèle d’innovation dans la sous-région, une trajectoire saluée par les instances internationales.
L’implémentation du projet RESPECT TB-MR, cofinancé par Unitaid et L’Initiative (Expertise France), s’inscrit en droite ligne de cette dynamique. Ce programme met l’accent sur l’engagement de la communauté et apporte des contributions jugées vitales pour endiguer la tuberculose multi-résistante.
Pour Mme Caoimhe Smith, le moment est venu de valoriser cette expertise camerounaise : « Les perspectives qu’on a, la première chose qu’on doit faire ensemble, c’est surtout de documenter toutes les réussites que vous avez faites ici au Cameroun. Nous allons nous concentrer là-dessus, notamment avec les projets de TB Reach et le projet RESPECT au niveau de l’engagement communautaire ».

Le cap sur l’impact et la durabilité (2026-2030).
Alors que la mission officielle ne fait que commencer, l’audience de ce mardi a permis de fixer la nouvelle feuille de route. L’enjeu majeur ne réside plus seulement dans la captation des ressources, mais dans leur viabilité.
« Aujourd’hui, pour nous, c’est le moment de nous tourner vers l’impact. Comment tout cet investissement se transforme en des activités actionnables et durables ? », s’interroge le Coordonnateur de Draf TB.
En réaffirmant l’engagement des autorités sanitaires nationales aux côtés du Pr Louis Richard Njock, cette audience pose les jalons politiques d’un leadership partagé. Sous la coordination de l’ONG FIS, la société civile et le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT) s’avancent désormais unies pour traduire ces millions de dollars en vies sauvées et, à terme, mettre définitivement fin à ce fardeau sanitaire qu’est la tuberculose d’ici 2030 au Cameroun.
Rosine Yémélé
Laisser un commentaire