
Malgré le nombre record des visites ministérielles et la multiplication des promesses officielles, depuis le drame du 12 septembre 2024, aucun début de chantier n’est visible sur le terrain, relativement à la reconstruction de ce pont. Ce qui plonge les populations et les usagers dans une exaspération généralisée.
En effet, depuis son effondrement, le 12 septembre 2024, cette partie de la région de l’Extrême-Nord a été fortement paralysée. Ce site a vu défiler un nombre impressionnant de cortèges officiels, de délégations d’experts et de Ministres, venus évaluer l’ampleur des dégâts. À chaque passage, les annonces se voulaient rassurantes, et les promesses de reconstruction, à court terme, se multipliaient devant les caméras.
Pourtant, le constat dressé par les acteurs locaux et les riverains, ce week-end encore, est sans appel. C’est le statu quo total.
Sur le terrain, aucune grue, aucun engin de chantier, ni le moindre début de terrassement ne laissent présager une reprise des travaux de construction de cet ouvrage.
Pour les populations de Yagoua et celles des localités environnantes, cette paralysie infrastructurelle n’est pas qu’un problème esthétique, c’est un calvaire logistique quotidien. Avec comme conséquence immédiate, la rupture des flux commerciaux. Le ralentissement des échanges avec les zones voisines. Et le Tchad frontalier, pèse lourdement sur l’économie locale.
En l’absence d’un ouvrage d’art sécurisé dans cette zone, les traversées de fortune se multiplient, exposant les usagers à des risques graves et constants, surtout en saison des pluies.
L’écart grandissant entre les discours gouvernementaux et la réalité du terrain, nourrit des frustrations croissantes au sein des communautés.
Il est important de rappeler que l’effondrement du pont sur le Danay, en 2024, avait été qualifié d’urgence nationale. Mais deux ans plus tard, l’infrastructure est devenue le symbole des lenteurs bureaucratiques, pénalisant ainsi tout le Grand Nord. Alors que les promesses s’évaporent au fil des saisons, l’attente des populations, elle, reste entière ; et même plus pressante que jamais, avant que le pire n’arrive.
Peter Kum
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