
Entre changements climatiques, non paiement des factures par certaines institutions de l’État, investissements dans le secteur, extension du réseau de distribution, construction des lignes de transport d’électricité par la SONATREL, fraude massive dans le réseau, non paiement des factures des fournisseurs d’électricité, couverture des charges financières des centrales thermiques, augmentation des capacités de production, construction de nouveaux barrages, installation des nouvelles centrales et apurement d’une dette abyssale de plus de 800 milliards de FCFA, le top management de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), sous la conduite de son très expérimenté Président du Conseil d’administration, Antoine Tsimi, va-t-elle réussir à résoudre cette équation à mille inconnu ? En attendant, les populations réclament l’électricité dans les ménages.

C’est le début d’une nouvelle ère industrielle pour le réseau électrique national. Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a officiellement présenté, ce jeudi 18 juin 2026 à Yaoundé, la feuille de route de la SOCADEL pour redresser le secteur de l’électricité au Cameroun.
Cette transformation institutionnelle, qualifiée de « tournant décisif », matérialise la reprise en main souveraine par l’État, du patrimoine énergétique national, suite aux décrets présidentiels signés le 4 mai 2026 actant le rachat des actions du groupe Actis.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec le Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, René Emmanuel Sadi, le Ministre Gaston Eloundou Essomba, a dressé un diagnostic sans complaisance du secteur de l’électricité au Cameroun, avant de tracer les perspectives de redressement, suivant la stratégie du gouvernement.
Il déclare que : « L’analyse de la situation d’Eneo avant sa nationalisation révèle des failles systémiques qui ont lourdement impacté l’économie et le quotidien des Camerounais. Notamment un déficit financier structurel et une dette sectorielle abyssale, des pertes techniques et commerciales massives sur les lignes de transport, un taux critique d’insuffisance d’investissements dans la modernisation des réseaux et un problème chronique de recouvrement des factures de consommation d’électricité ».
Pour inverser durablement cette tendance et restaurer l’équilibre financier de la chaîne, le gouvernement engage un plan triennal de restructuration, articulé autour de cinq piliers d’urgence.
Le Ministre Eloundou Essomba a alors révélé un chiffre alarmant : « En seulement trois semaines de contrôle sur le terrain avec les agents de la Socadel, près de 3 000 cas de fraudes ont été formellement recensés dans les deux capitales (Yaoundé et Douala) ».
Il rajoute par ailleurs que : « Les opérations de ciblage de cette nature vont s’intensifier sur l’ensemble du territoire national, avec le déploiement immédiat d’une Brigade nationale de lutte contre la fraude, chargée de traquer et de sanctionner sévèrement les auteurs de raccordements illégaux ».
Le message du gouvernement est alors d’une fermeté absolue : « L’électricité consommée doit être payée ». Et pour donner l’exemple, le Ministre de l’Eau et de l’énergie annonce que : » Le mécanisme de traitement et de paiement régulier des factures d’électricité des administrations et entités publiques sera désormais rendu strictement prioritaire au niveau du Trésor, au même moment que le paiement des salaires mensuels des personnels de l’État. Rassurez vous, comme l’État paye les salaires chaque mois, c’est comme ça que les factures d’électricité seront également payées systématiquement ».
Sachant que l’un des objectifs immédiats de la SOCADEL est l’amélioration visible de la qualité de service pour les ménages et les industriels ; cela passera par le remplacement massif des supports et poteaux électriques vétustes, l’intégration de technologies intelligentes pour la gestion des flux (smart grids) et le raccordement accéléré des nouveaux clients domestiques et des grands pôles industriels pour élargir l’assiette des recettes.
Le Ministre Gaston Eloundou Essomba précise également que : « La décision du Chef de l’État de créer la SOCADEL donne l’opportunité au Gouvernement de mettre en place des mesures urgentes pour adresser la problématique du déséquilibre financier du secteur de l’électricité et engager des actions fortes pour améliorer la qualité du service public ». La SOCADEL est désormais investie d’une mission de performance économique au service de l’industrialisation du Cameroun.
Peter Kum
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