
Les journalistes camerounais sont désormais appelés à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre la tuberculose multirésistante. Cet appel fort a été lancé ce 15 juillet 2026 à Yaoundé, à l’occasion de la cérémonie de remise des prix du concours médiatique organisé par l’ONG FIS Cameroun, dans le cadre du projet RESPECT, avec l’appui de Stop TB Partnership, d’Expertise France et d’Unitaid, sous la coordination régionale de DRAF TB.
Cette initiative vise à renforcer l’engagement des professionnels des médias dans cette lutte, afin d’améliorer l’accès à une information fiable sur la tuberculose ; combattre les fausses croyances ; et contribuer à réduire la stigmatisation qui entoure encore cette maladie.
Caoimhe Smith, représentante de Stop TB Partnership, en mission au Cameroun, a réaffirmé l’engagement de l’organisation, aux côtés du Cameroun, un partenariat qui se poursuit depuis 2017. Elle a indiqué que cette mission visait notamment à consolider la collaboration avec les différents mécanismes de soutien à la lutte contre la tuberculose, notamment le Global Drug Facility, le Challenge Facility et TB Reach. Tout en évaluant les progrès réalisés dans la lutte contre la tuberculose multirésistante, grâce au projet RESPECT.

Pour la représentante de Stop TB Partnership, les médias constituent aujourd’hui un acteur incontournable dans la riposte contre cette maladie. Selon elle, le projet RESPECT place les journalistes au cœur de son action, car ils disposent de la capacité d’informer les populations, de déconstruire les fausses informations et les nombreux mythes qui alimentent encore la peur de la tuberculose. « Nous avons besoin des médias pour alerter, pour lutter contre les désinformations sur la tuberculose afin de réduire la stigmatisation et permettre aux populations d’accéder au dépistage et au traitement de la tuberculose multirésistante », a-t-elle déclaré.
Cette vision rejoint les objectifs du projet RESPECT qui ambitionne de stimuler la demande de soins, promouvoir une prise en charge centrée sur les personnes touchées et renforcer le leadership communautaire dans la lutte contre la tuberculose multirésistante. Par ailleurs, malgré les efforts du Programme national de lutte contre la tuberculose, de nombreux défis subsistent au Cameroun, notamment le faible taux de diagnostic, les barrières sociales et financières ainsi que la persistance de la stigmatisation, qui freinent l’accès aux services de santé.
D’après les témoignages des parents d’enfants atteints de tuberculose qui ont pris part à cette cérémonie, le coordonnateur de DRAF TB a expliqué que « le problème de la tuberculose, ce sont les coûts catastrophiques ». C’est à dire les besoins alimentaires, sanitaires ( radio, scanner, transport pour l’hôpital, etc) qui entourent la maladie.

Le concours médiatique organisé par FIS Cameroun entend ainsi encourager une production journalistique de qualité capable d’informer le public avec exactitude, de donner la parole aux personnes affectées et de mettre en lumière les bonnes pratiques dans la lutte contre la tuberculose multirésistante. Placée sous le thème « Briser les barrières de la tuberculose multirésistante et redonner l’espoir », cette compétition récompense les meilleures productions en presse écrite, télévision, radio et médias numériques.
Lauréate du concours dans la catégorie télévision, la journaliste de CRTV News, Léa Moukeka, a exprimé sa satisfaction en recevant cette distinction qu’elle considère comme un nouveau départ dans son engagement en faveur de la santé publique. Pour elle, cette reconnaissance constitue avant tout un appel à poursuivre le combat contre la stigmatisation des personnes atteintes de tuberculose.
Selon la journaliste, la mission fondamentale des professionnels des médias consiste à révéler la vérité et à éclairer les populations sur les réalités des maladies. Elle estime qu’il est aujourd’hui indispensable d’informer davantage les Camerounais sur les possibilités de prise en charge de la tuberculose, notamment en rappelant que le traitement est entièrement gratuit au Cameroun. Elle a également insisté sur la nécessité de faire comprendre que la tuberculose est une maladie comme les autres, qu’elle se soigne et qu’aucune personne atteinte ne devrait être victime de rejet ou de discrimination.

À travers cette initiative, Stop TB Partnership, FIS Cameroun et leurs partenaires réaffirment que la lutte contre la tuberculose ne peut être menée uniquement dans les centres de santé. Elle passe également par une communication responsable, un journalisme engagé et une information de qualité capable de changer les comportements, de restaurer la confiance des populations et d’encourager le recours précoce au dépistage et au traitement. Les médias apparaissent ainsi comme des partenaires stratégiques pour faire reculer la tuberculose multirésistante et redonner espoir aux personnes touchées par cette maladie.
Rosine Yémélé
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